Les chasseurs Inuits confrontés aux changements climatiques



Pour les Inuits du Nord canadien, les changements climatiques ont d'ores et déjà des effets bien concrets. C'est notamment le cas des chasseurs, qui fournissent à leurs communautés une partie importante de leur nourriture, assurant ainsi leur subsistance.

Voyager sur les banquises devient de plus en plus dangereux.

De 2008 à 2015, James Ford, chercheur en géographie à l'Université McGill, a recensé les trajets de trois chasseurs à temps plein d'Iqaluit, au Nunavut. Ces derniers étaient équipés de GPS dans tous leurs déplacements de chasse. Toutes les deux semaines, ils répondaient aussi à des entrevues portant sur leurs mouvements, mais aussi sur les défis à surmonter et sur les conditions environnementales auxquelles ils avaient été exposés sur le terrain.

Grâce à la collaboration de ces chasseurs, James Ford a pu établir plusieurs constats. Ainsi, voyager sur les banquises devient de plus en plus dangereux, et celles-ci ne peuvent plus être utilisées aussi longtemps, car elles fondent plus rapidement. Les chasseurs doivent donc dévier de leurs trajets traditionnels pour se rendre à leurs terrains de chasse habituels. Ils empruntent certains parcours terrestres plus longs et plus exigeants pour les véhicules, et utilisent davantage d'essence.

Ces itinéraires deviennent fort coûteux, pour des chasseurs qui ont peu de moyens financiers. De plus, passer de la banquise à la terre modifie aussi leurs habitudes de chasse : ils récolteront, par exemple, plus de caribous et moins de phoques ou de poissons.

Le projet a aidé les Inuits à cartographier leur territoire et à identifier certains endroits devenus risqués, autant d'informations qu'ils utilisent désormais pour planifier leurs itinéraires. Les résultats de la recherche ont aussi été présentés aux communautés du Nunavut, afin qu'elles puissent identifier par elles-mêmes des interventions culturellement appropriées pour réduire leur vulnérabilité. Enfin, les résultats de cette recherche permettent aussi de penser l'aménagement du territoire en fonction des effets éventuels du changement climatique sur l'environnement.