Le vêtement interactif



Lorsqu'on pense à un vêtement, on imagine la couleur, le tissu, la coupe, bref, chacun des aspects matériels qui le forment. Ying Gao, professeure-chercheure à l'École supérieure de mode de l'UQAM, s'intéresse plutôt à l'aspect immatériel du vêtement, un élément crucial de la création dans le domaine de la mode.

Subitement, le vêtement se transforme en un autre et semble habité par un corps.

Pour Ying Gao, la création vestimentaire n'est pas qu'un simple jeu de formes et de couleurs. C'est un processus de conception et de fabrication complexe, envisagé comme une véritable stratégie conceptuelle. Au-delà de la texture ou de la couleur, les réactions, les mouvements des vêtements révèlent des flux physiques qui sont invisibles autrement. L'air, en particulier, peut jouer un rôle important.

C'est ce qui a attiré Ying Gao vers les vêtements gonflables. La chercheure donne l'exemple d'une manche de veste « avachie » dans laquelle on insuffle de l'air. Subitement, le vêtement se transforme en un autre et semble habité par un corps. L'air devient le point de convergence de la couleur, de la lumière et des vibrations.

La recherche de Ying Gao visait une étude en profondeur de la structure modulable du vêtement ainsi que l'intégration des technologies pneumatique et interactive au vêtement. La chercheure a misé sur une collaboration entre des créateurs de mode, un artiste consultant, un étudiant en génie électrique et informatique, et un industriel du domaine du textile technologique.

Dans ce cadre de création, les dispositifs médiatiques deviennent des éléments de vêtements destinés aux arts du spectacle dont la technologie est aussi transférable à l'industrie du prêt-à-porter. Les résultats de cette étude ont été diffusés dans les musées et sur des podiums de défilés de mode, suscitant l'enthousiasme de l'industrie du spectacle aussi bien que du milieu de la mode.