Le lourd héritage des Jeux olympiques



Pékin, Londres et bientôt Rio de Janeiro… Au cours des dernières années, chacune de ces villes a connu des bouleversements majeurs de son urbanisme et de son tissu social qui ont été provoqués par l'accueil des Jeux olympiques d'été.

Anne-Marie Broudehoux, professeure-chercheure à l'École de design de l'Université du Québec à Montréal, a jeté un regard critique sur la rénovation urbaine liée aux Jeux olympiques de Pékin, ville où elle a séjourné à plusieurs reprises entre 1992 et 2008.

Cette réflexion a permis de poser des jalons importants dans la recherche portant sur un thème encore peu exploré.

Ses travaux témoignent de ce qu'elle y a vu. Les promesses initiales de rénover la ville en tenant compte de son histoire et de la population ont vite fait place à une absence de règles et de vision à long terme. Seules comptaient la réussite de l'événement et l'illusion de modernité projetée par la ville. Résultat : un million et demi de citoyens déplacés, des protestataires jetés en prison et l'embourgeoisement des quartiers touchés.

Cette réflexion a permis de poser des jalons importants dans la recherche portant sur un thème encore peu exploré : l'étendue de l'impact de la tenue de grands événements sportifs mondiaux sur le plan social, économique et urbain. Elle aide aussi à mieux comprendre le lien entre ces grands projets et l'exclusion de certains groupes sociaux (pauvres, prostituées, enfants des rues), le déplacement des populations et la réduction des droits civiques.

Le projet, qui se poursuit maintenant à Rio de Janeiro, ville hôte des Jeux olympiques de 2016, vise à établir des règles pour une gestion plus équitable et plus démocratique de ces événements.