Le conflit dans la culture



Les conflits qui marquent la vie en société se retrouvent souvent dans les œuvres artistiques, sous différentes formes. L'Équipe de recherche Conflictualité dans la littérature, dirigée par Simon Harel de l'Université du Québec à Montréal, s'intéresse à l'expression des conflits dans les espaces littéraires et culturels contemporains. Plus précisément, les chercheurs œuvrent à cerner les conflits de langue, de classe, d'appartenance culturelle et de valeurs, qui prennent des formes narratives, énonciatives, discursives ou émotionnelles.

Les chercheurs s'intéressent de près aux différents domaines de sens, qu'ils classent en trois types de conflits. Les identités conflictuelles décrivent des antagonismes au sein d'une communauté dont les membres, à première vue, possèdent le même univers de référence. Un conflit souvent exprimé par la figure littéraire du hors-la-loi, du rebelle ou du marginal. Les appartenances conflictuelles représentent plutôt des antagonismes dans une communauté diversifiée où s'entrecroisent plusieurs univers référentiels. On y trouve les figures du migrant, du réfugié ou du croyant. Enfin, les loyautés conflictuelles traduisent l'appartenance à un univers en proie à la violence de l'exclusion, à la désintégration du corps social ou à la précarité de la survie matérielle et psychique, comme dans la figure littéraire de l'étranger stigmatisé.

L'Équipe a notamment organisé la rencontre « Où va la culture ? », qui s'est déroulée au printemps 2010. Véritable happening intellectuel et créatif d'envergure internationale, cet événement a réuni plus de trente chercheurs, artistes et critiques de diverses disciplines autour de la question de la mobilité culturelle. Intensifiée par l'augmentation des migrations, le développement des technologies de télécommunication et le renouveau de l'espace public, cette mobilité culturelle prend des formes aussi variées que le théâtre par téléphone cellulaire, le flash mob (des mobilisations spontanées organisées à la suite d'échanges sur les réseaux sociaux) et le jardinage sauvage. Les participants ont abordé quatre facettes de ce phénomène, permettant de toucher à des sujets aussi variés que la place de l'art dans les nouveaux médias, la cybermuséologie, la gastronomie et l'itinérance.

Des chercheurs de l'Équipe ont aussi publié en 2010 le collectif Femmes et exils : formes et figures, aux Presses de l'Université Laval.

Équipe

Équipe de recherche Conflictualité dans la littérature

Directeur

Simon Harel, Université du Québec à Montréal

Membres réguliers

  • Catherine Leclerc, Université McGill
  • Pierre Ouellet, Université du Québec à Montréal
  • Roxanne L. Rimstead, Université de Sherbrooke
  • Sherry Simon, Université Concordia