La science économique au secours des caribous des bois



Dans la forêt boréale du Labrador, la population des caribous des bois a terriblement chuté entre 1980 et 1997, au point où cet animal a été classé parmi les espèces en voie de disparition et qu'on en a interdit la chasse en 2002.

Aujourd'hui, ses probabilités de survie sont relativement bonnes, mais la principale menace vient maintenant du défrichement de la forêt à des fins commerciales.

La principale menace vient maintenant du défrichement de la forêt à des fins commerciales. 

Afin de trouver une solution à ce problème, Pierre Lasserre et Skander Ben Abdallah, respectivement professeur-chercheur et chargé de cours au Département des sciences économiques de l'Université du Québec à Montréal, ont déterminé le seuil minimal d'habitats nécessaires à la survie des caribous des bois et ont ensuite appliqué la « théorie des options réelles ». Celle-ci consiste à évaluer les options possibles dans un processus de décision.

Par exemple, interdire l'exploitation d'une forêt peut en effet prévenir la disparition d'une espèce, mais peut aussi entraîner de sérieuses conséquences économiques, notamment des pertes d'emploi et de revenus pour des communautés qui dépendent de l'industrie forestière. 

Grâce à leurs travaux, les chercheurs ont réussi à élaborer un modèle optimal d'interruption et de reprise de l'exploitation forestière qui n'exige pas de longs arrêts des travaux d'exploitation, mais qui réduit considérablement le risque d'extinction des caribous des bois, tout en augmentant la valeur de la forêt.

Cette recherche a aussi permis de formuler de précieuses recommandations à l'intention des décideurs.