La prévention : un travail de longue haleine



On sait que les usagers de drogues par injection sont particulièrement vulnérables aux infections comme le VIH et l'hépatite C, en raison du partage ou de la réutilisation qu'ils font de la même seringue.

Afin de promouvoir l'importance d'utiliser une seringue neuve à chaque nouvelle injection, une intervention a été réalisée auprès de personnes qui participent aux programmes d'échanges de seringues au Québec.

Si une intervention de type préventif n'est pas maintenue sur une période suffisamment longue, on observe une recrudescence des comportements à risque. 

Cette intervention a pris la forme d'une stratégie qui s'appuie sur les technologies de l'information pour communiquer des messages de prévention sur mesure, choisis en fonction de profils particuliers. 

Gaston Godin, professeur-chercheur à la Chaire de recherche du Canada sur les comportements et la santé de la Faculté des sciences infirmières de l'Université Laval, a mené avec son équipe une recherche afin d'en évaluer les effets.

Au total, 260 usagers de drogues par injection ont fait l'objet d'un suivi avant l'intervention, un mois après le début de l'intervention et trois mois plus tard. Des variables comportementales comme le nombre d'injections et de seringues neuves utilisées ont été mesurées, permettant ainsi de formuler des messages de prévention adaptés à chacun des usagers.

Avant le début de l'intervention, plus de 50 % des participants ont rapporté ne pas avoir toujours utilisé des seringues neuves.

Un mois après l'intervention, les participants utilisaient moins de seringues souillées et étaient plus nombreux à toujours prendre des seringues neuves ou à ne pas s'injecter du tout. Cependant, au bout de trois mois, la situation s'est détériorée, car le changement de comportement observé à court terme n'a pas duré.

Les résultats de cette recherche évaluative suggèrent que lorsqu'une intervention de type préventif n'est pas maintenue sur une période suffisamment longue, on observe une recrudescence des comportements à risque.

Ces résultats pourraient s'avérer d'une grande utilité pour le réseau québécois de la santé publique.