La naissance de l'industrie du divertissement



Laurent Turcot, chercheur au Département des sciences humaines, section histoire, de l'Université du Québec à Trois-Rivières, s'est penché sur l'histoire des loisirs à Montréal et Québec aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Il a étudié le développement des activités liées aux théâtres, aux promenades publiques, aux cabarets et aux bals. Ses travaux recensent l'apparition de commerces voués à l'offre de produits axés sur la sociabilité comme les tavernes, les théâtres ou les foires dès le XVIIe siècle.

Commence alors à se créer un lien entre économie et divertissement.

La tendance se renforce au fil des ans, les établissements ayant tendance à se spécialiser et à mieux définir leur offre. Au XVIIIe siècle, des particuliers commencent à soutenir eux-mêmes le divertissement, l'État délaissant son rôle de patron des arts et de la culture. Commence alors à se créer un lien entre économie et divertissement.

Figure économique classique, il y a une demande de la part d'un public capable de payer pour se divertir, que vient combler une offre commerciale de la part d'entrepreneurs. Ce moment historique marque à la fois la naissance d'un nouvel espace économique du divertissement et la formation d'une identité communautaire.

En plus de cette compréhension plus fine de l'histoire du loisir et de son impact sur l'évolution de la société québécoise, les travaux de Laurent Turcot ont permis de brosser le contexte culturel dans lequel s'inscrit l'émergence de la littérature canadienne du XVIIe au XIXe siècle.

Les résultats ont fait l'objet de plusieurs articles scientifiques, notamment dans la Revue d'histoire intellectuelle et culturelle et dans la Revue d'histoire de l'Amérique française, ainsi que de plusieurs chapitres de livres. Ils ont aussi été au cœur de conférences au Québec, au Canada et en France.