La délinquance des joueurs compulsifs



La contribution de cette recherche est d'être la première à analyser la dynamique des trajectoires de vie de 100 joueurs compulsifs ou « pathologiques » de mois en mois pendant 36 mois.

On y atteint un degré de détail que les recherches longitudinales habituelles ne peuvent offrir. Elle permet également de souligner les limites de l'Indice Canadien du Jeu Excessif qui est incapable de prédire les pertes absolues ou les pertes relatives des joueurs durant leur carrière ou leurs séquences d'abstinence ou de rechute.

Cette étude permet de souligner les limites de l'Indice Canadien du Jeu Excessif.

Il s'agit également de la première recherche qui utilise la même méthodologie (analyse hiérarchique) pour comparer les séquences d'abstinence et de rechute qui ponctuent les trajectoires de délinquance et les trajectoires de jeu compulsif. Bien que les délinquants puissent flamber leurs revenus et que les joueurs compulsifs puissent connaître des épisodes de délinquance, il s'agit de deux trajectoires déviantes bien différentes. L'avantage d'une analyse hiérarchique est d'analyser conjointement les facteurs circonstanciels qui influencent à court terme le comportement mensuel des joueurs et les facteurs qui les influencent à plus long terme.

La limite principale de cette recherche est d'adopter un devis rétrospectif plutôt que prospectif et une période d'observation circonscrite (36 mois). Le problème est qu'il est déjà difficile d'identifier une cohorte suffisante de joueurs qui satisfont pleinement aux critères de « compulsion », d'excès ou de « jeu pathologique »; les « suivre » mois après mois pendant une période d'observation équivalente le serait encore davantage.

Les avantages de la démarche ne sont pas négligeables : en comparant les trajectoires de délinquants sérieux (incarcérés pour des sentences de deux ans ou plus) et de joueurs compulsifs, on relativise la gravité des épisodes de délinquance des deuxièmes; et on souligne les effets différents des interventions pénales (incarcération, arrestation) et des interventions cliniques (thérapie) sur les trajectoires de déviance.

Chercheur principal

Pierre Tremblay, Université de Montréal

Rapport de recherche

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : septembre 2009