La compétition ne motive pas tous les travailleurs



Une recherche entreprise par des chercheurs en économie pour démontrer l'effet de la compétition et de la rémunération sur la performance des travailleurs a eu des résultats surprenants. Guy Lacroix, chercheur au Département d'économique de l'Université Laval, et ses collègues ont mené une expérience auprès d'une centaine d'étudiants. Elle a été reproduite plus tard, avec un plus gros échantillon, confirmant ainsi les résultats. Les étudiants étaient invités à faire des calculs mentaux (8 x 84, 15 x 27, etc.), et se voyaient rémunérés en fonction du nombre de calculs effectués. La rémunération changeait au fil du test.

La compétition pousse la performance des garçons à la hausse, mais fait baisser celle des filles.

Dans un premier test, l'étudiant travaillait sans connaître les résultats des autres, alors que dans un second il connaissait le score qu'avait réussi l'étudiant précédant. Dans une troisième configuration, les étudiants étaient informés en temps réel du nombre de calculs réalisés par des étudiants auxquels ils étaient appariés. Dans tous les tests, l'augmentation de la rémunération a fait grimper les performances. Toutefois, la compétition, elle, a eu un effet plus surprenant.

Les chercheurs ont constaté que dans le troisième cas de figure, la compétition n'a pas fait augmenter la performance par rapport au travail isolé, sans compétition. Pourquoi? C'est en comparant les résultats des garçons et des filles que la réponse est apparue : la compétition pousse la performance des garçons à la hausse, mais fait baisser celle des filles. Elles fonctionnent mieux en travaillant isolément ou dans un milieu convivial, sans compétition. « C'est important pour les employeurs de connaître les facteurs qui améliorent la productivité des travailleurs, mais aussi ceux qui l'entravent », souligne Guy Lacroix.