L'initiative locale et la lutte contre la pauvreté et l'exclusion : connexion et pluralité



L'économie sociale et l'action communautaire contribuent à faire face aux processus qui engendrent la pauvreté et l'exclusion, mais elles ne parviennent pas à elles seules à les infléchir.

Par contre, combinées à l'économie publique et privée, elles peuvent être la base d'une stratégie plurielle de développement susceptible d'augmenter la richesse des collectivités locales. Voilà ce que montre notre analyse en profondeur de dix cas d'initiatives locales de lutte contre la pauvreté et l'exclusion menées dans trois régions du Québec (Montréal, Saguenay—Lac-Saint-Jean et Bas-Saint-Laurent).

L'économie sociale et l'action communautaire peuvent accroître la capacité d'agir des collectivités locales.

Selon notre analyse, la réussite de ce type d'initiatives dépend de : 1) l'émergence d'un leadership fort, individuel, organisationnel et territorial, reconnu par les acteurs locaux et par les interlocuteurs régionaux et nationaux; 2) la capacité des leaders et des acteurs locaux de mettre en œuvre et de mailler plusieurs types de projets, mobilisant des ressources procurées par l'économie sociale, le gouvernement et le marché; 3) l'existence d'instances qui permettent de construire des consensus durables, mais constamment renouvelés entre les acteurs; 4) l'utilisation créative des programmes publics de façon à utiliser les ressources qu'ils procurent pour augmenter le bien-être de la collectivité; et 5) la construction d'identités positives qui amènent les acteurs socioéconomiques à lancer des projets en partenariat et les citoyens à y participer.

Il importe donc de penser l'économie sociale et l'action communautaire comme des moyens pour accroître la capacité d'agir des collectivités locales. Elles doivent être considérées comme des bases pour le lancement et l'incubation d'initiatives et comme des composantes d'un capital socioterritorial pouvant être valorisées en partenariat avec le gouvernement et l'entreprise privée, et non pas comme un moyen pour réduire la participation de l'État ou comme une voie pour le décharger de sa responsabilité à l'égard du développement des territoires. Nos travaux indiquent que la lutte territoriale contre la pauvreté et l'exclusion doit compter sur une présence forte de l'État, mais celle-ci doit être flexible, adaptable aux réalités locales et  doit favoriser les actions en réseau qui diversifient les projets et combinent les acteurs de divers niveaux. La pauvreté et l'exclusion résultent de plusieurs types de facteurs et les démarches pour en sortir doivent combiner plusieurs types d'action.

Chercheur principal

Juan-Luis Klein, Université du Québec à Montréal

Rapport de recherche

Annexes

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : mai 2009