L'impact des services de garde à tarif réduit



En septembre 1997, le Québec implante des services de garde à tarif réduit. Ce nouveau programme social connaît un développement fort important : le nombre de places passe de 74 000 en 1997 à 210 000 en 2010. Le coût public de la politique a évidemment augmenté lui aussi, grimpant de 294 millions de dollars en 1997 à deux milliards en 2009, bien que le coût soit passé de cinq à sept dollars par jour en 2004. 

L'Équipe de recherche sur la dynamique d'accumulation du capital humain, les inégalités socioéconomiques et les effets des politiques sociales, dirigée par Pierre Lefebvre de l'Université du Québec à Montréal, évalue l'atteinte des deux objectifs que s'était fixés le gouvernement en instaurant ce programme : l'accroissement du nombre de mères sur le marché du travail et la contribution au développement des enfants, notamment en réduisant les disparités de résultats liées au milieu économique. Les chercheurs s'appuient sur deux enquêtes représentatives des familles (Enquête sur la dynamique du travail et du revenu) et des enfants (Enquête nationale longitudinale sur les enfants et les jeunes). 

Les résultats indiquent que le nombre de mères sur le marché du travail s'est en effet accru depuis l'implantation de la mesure, comparativement à ce qui se passe dans le reste du Canada. La participation au marché du travail est en hausse, de même que le nombre de semaines et d'heures annuelles travaillées et, dans une moindre mesure, le revenu d'emploi. 

Les résultats sont un peu moins probants du côté du développement des enfants, ce que les chercheurs expliquent par le fait qu'ils sont gardés très jeunes et de façon intensive. Les résultats obtenus lors des différents tests cognitifs des jeunes enfants de quatre et de cinq ans suggèrent certains effets négatifs de la politique lorsqu'on compare les jeunes Québécois aux autres enfants canadiens et ontariens. Ce que l'on remet ici en question n'est pas le fait d'être gardé, mais bien les modalités de fonctionnement des services, qui offrent presque exclusivement des horaires à temps plein et dont la qualité varie d'un service de garde à autre. Ces travaux apportent des nuances aux résultats d'autres recherches plus enthousiastes à l'égard de l'impact des centres de la petite enfance sur le développement des jeunes enfants.

Équipe

Équipe de recherche sur la dynamique d'accumulation du capital humain

Directeur

Pierre Lefebvre, Université du Québec à Montréal

Membres réguliers

  • Marie Connolly Pray, Université du Québec à Montréal 
  • Christa Japel, Université de Montréal 
  • Philip J. Merrigan, Université du Québec à Montréal