L'embauche de travailleurs immigrants : la volonté et la capacité des employeurs québécois à les attirer et à les retenir en emploi



Confrontés à une rareté de la main-d'œuvre, les employeurs québécois envisagent recourir aux personnes immigrantes.

Les statistiques récentes laissent cependant envisager une autre réalité, alors que le taux de chômage des personnes immigrantes admises depuis moins de 5 ans s'élève à 15,8 % et celui de l'ensemble des immigrants reçus à 8,7%, comparativement à un taux de chômage de 4,5 % pour la population québécoise née au Canada.

36,9 % des employeurs localisés à l'extérieur de la région métropolitaine de Montréal montrent un intérêt pour l'embauche de personnes immigrantes récentes.

Dans ce contexte, l'enjeu de la volonté et de la capacité des employeurs québécois à attirer et à retenir des travailleurs immigrants récents est soulevé. Une étude menée auprès de plus 2300 employeurs localisés à l'extérieur de la région métropolitaine de Montréal révèle que 36,9 % d'entre eux montrent un intérêt pour l'embauche de personnes immigrantes récentes.

En revanche, seulement 23,8 % des employeurs sondés en ont effectivement embauché au cours des cinq dernières années. Ils indiquent qu'ils sont disposés à déployer certaines mesures pour retenir en emploi les personnes immigrantes, leur expérience à l'égard de leur embauche s'avérant satisfaisante pour 82 % d'entre eux. En guise d'exemples de pratiques, ils reconnaissent les diplômes obtenus à étrangers, soutiennent l'apprentissage du français ou désignent un parrain pour favoriser l'intégration des recrues.

Les employeurs expliquent que leur capacité d'attraction et de rétention des employés immigrants récents est largement tributaire de l'intégration de l'ensemble des membres de leur famille (conjoint(e) et enfants) dans la communauté. Les actions entreprises doivent alors dépasser les frontières de l'organisation, mais les employeurs disposent de ressources limitées pour participer à cette intégration élargie. La concertation entre les employeurs et les différents organismes locaux et gouvernementaux voués au développement socio-économique s'avère un passage obligé. Sans leur soutien, les employeurs situés à l'extérieur de la grande région de Montréal n'ont que peu de chances d'améliorer leur capacité d'attraction et de rétention du personnel immigrant récent.

Chercheure principale

Catherine Beaudry, Université du Québec à Rimouski

Résumé

Rapport de recherche

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : janvier 2019