L'autopartage : une solution aux gaz à effet de serre?



Au Canada, les automobiles ont émis plus de 70 mégatonnes de gaz à effet de serre (GES) en 2007, soit 35 % de plus qu'en 1990.

Cette hausse tient pourtant compte de la contribution de l'autopartage à l'amélioration du bilan environnemental, selon les conclusions d'une recherche réalisée par l'équipe « Accès à la Cité » dirigée par Marius Thériault, professeur-chercheur à l'École supérieure d'aménagement du territoire et de développement régional de l'Université Laval. 

Les abonnés de Communauto sont plus conscients des frais réels d'une automobile.

En 2009, Louis Alexandre, un étudiant aux cycles supérieurs, a mené une enquête Internet auprès de 57 abonnés de Communauto à Québec et a noté tous leurs déplacements pendant une semaine. Leurs habitudes de transport ont ensuite été comparées à celles de 122 propriétaires d'une automobile habitant les mêmes quartiers.

Les résultats de cette recherche démontrent que les bilans des émissions de GES sont jusqu'à quatre fois inférieurs chez les adeptes de l'autopartage.

Qu'est-ce qui explique cet écart ? Les abonnés de Communauto sont plus conscients des frais réels d'une automobile, qui sont facturés à l'heure et établis en fonction de la distance parcourue, et privilégient les transports actifs (marche, vélo) et collectifs. Les données recueillies sont pertinentes : les abonnés de Communauto marchent plus (37 %) que les propriétaires de véhicules (14 %), prennent davantage l'autobus (25 %, comparativement à 3 %) et utilisent moins souvent une automobile (24 % contre 78 %).

On observe ces différences tant au centre-ville qu'en banlieue. Marius Thériault constate que si l'autopartage était plus répandu au Québec, le potentiel d'amélioration du bilan environnemental et de croissance des transports actifs s'avérerait prometteur.

Ces conclusions, intégrées dans le mémoire du Centre de recherche en aménagement et développement déposé lors de consultations menées auprès de la Ville de Québec, permettront peut-être de mieux promouvoir l'autopartage et les modes de transport actifs dans la Vieille Capitale et ailleurs dans la province.