Justice internationale : punir ou préparer l'avenir?



La justice internationale intervient lorsque des crimes très graves sont commis contre une partie de la population d'un pays.

Frédéric Mégret, chercheur à la Faculté de droit de l'Université McGill, s'intéresse à l'opposition qui existe entre deux visions de cette justice internationale : d'un côté, il y a la volonté de punir les responsables des crimes (justice pénale internationale), qui s'incarne, par exemple, dans un tribunal pénal international (TPI) comme celui pour l'ex-Yougoslavie, le Rwanda ou la Sierra Leone ; de l'autre côté, il y a la nécessité d'assurer la transition de la société vers un nouvel équilibre (justice transitionnelle).

La justice pénale internationale peut déstabiliser les processus de transition dans des sociétés en proie à d'extraordinaires difficultés politiques et sociales.

À la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, plutôt que de recourir à un TPI, le gouvernement a institué une Commission de la vérité et de la réconciliation qui avait pour but de faire la vérité sur les violations des droits de l'homme commises depuis 1960, mais aussi de réconcilier la majorité noire et la minorité blanche. Les travaux de Frédéric Mégret montrent que la justice pénale internationale peut déstabiliser les processus de transition dans des sociétés en proie à d'extraordinaires difficultés politiques et sociales.

Les recherches de Frédéric Mégret ont fait l'objet d'articles dans L'Observateur des Nations Unies, le Journal of International Law, l'Annuaire français de relations internationales, le Brooklyn Journal of International Law, l'International Review of Victimology et la Buffalo Human Rights Law Review. Le chercheur a aussi présenté les résultats de ses travaux à Paris et à Montréal.Inflexible, cette forme de justice axée sur la punition peut jeter de l'huile sur le feu et réanimer des conflits, ou présenter une lecture réductrice de l'histoire. À l'inverse, la justice transitionnelle tient compte des efforts de réconciliation et mise sur la nécessité d'un compromis entre les victimes et leurs anciens bourreaux.