Jeux et criminalité : une étude auprès des personnes détenues dans les prisons du Québec



Au cours des deux dernières décennies, la société canadienne a connu une montée fulgurante de la disponibilité et de la diversité des jeux de hasard et d'argent.

La pratique de ces jeux entraîne des coûts économiques et sociaux importants, notamment liés à la criminalité qu'elle occasionne parfois. Les personnes judiciarisées paraissent se démarquer pour ce qui est du jeu problématique.

Des détenus avouent qu'une part importante de leurs crimes servait à financer leur consommation de drogues et leurs habitudes de jeu.

Dans les prisons du Québec, on compte proportionnellement moins de joueurs (58 %) que dans la population générale (autour de 80 %), mais on y trouve une proportion plus grande de joueurs à risque (1,7%) ou pathologiques probables (2,7 %) que dans la population en général (0,9 et 0,8 % respectivement). La somme des revenus légaux et illégaux déclarés par les joueurs à risque et pathologiques probables est plus élevée que pour les joueurs récréatifs et les non-joueurs. Il est probable qu'une part importante de ces revenus serve à assurer la pratique du jeu.

Par ailleurs, il paraît se dessiner, dans bon nombre de cas, une relation entre la présence de problèmes de jeu et de consommation d'alcool et de drogue. Qu'il y ait transfert de dépendance des substances psychoactives vers le jeu ou encore double dépendance, une relation économico-compulsive semble exister entre ces comportements et la commission d'actes criminels. Des détenus avouent qu'une part importante de leurs crimes servait à financer leur consommation de drogues, principalement, et leurs habitudes de jeu. Dans ce cas, la commission d'actes criminels, s'agissant plus spécialement d'une criminalité lucrative, peut se multiplier. Ces indices renforcent l'importance d'intervenir sur ces problématiques pour diminuer les risques de récidive criminelle.

Au terme de cette étude, il apparaît que si le dépistage des problèmes d'alcool et de drogues est courant en institution, celui des problèmes de jeu l'est beaucoup moins. Il s'agirait d'une avenue à développer. On aurait ainsi une meilleure idée de l'ampleur du jeu problématique qui touche les personnes détenues et on pourrait mieux cibler les personnes auprès desquelles intervenir.

Chercheure principale

Marie-Marthe Cousineau, Université de Montréal

Résumé

Rapport de recherche

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : mars 2011