Gérer ses émotions et celles d'autrui pour augmenter son leadership



Les directions d'école doivent exercer du leadership pour amener leur personnel à améliorer leurs pratiques d'enseignement, ce qui a un impact direct sur la réussite éducative des élèves.

Plus une direction manifeste sa joie ou sa satisfaction et plus elle invite son personnel à le faire, plus celui-ci estime qu'elle a du leadership.

Emmanuel Poirel, chercheur en sciences de l'éducation à l'Université de Montréal, a évalué la relation entre trois émotions – la colère, l'anxiété et la joie – et la manifestation du leadership des directeurs et des directrices d'école.

Il a mesuré ces émotions à partir des réponses à un questionnaire sur les compétences émotionnelles qu'ont rempli près de 250 directions d'école du Québec et 680 membres du personnel de ces mêmes établissements. Les directrices et les directeurs étaient invités à auto-évaluer leur compétence à gérer ces différentes émotions, à les exprimer adéquatement à leur personnel et à prendre conscience des émotions de celui-ci. En contrepartie, le personnel devait jauger sa direction en fonction de ces mêmes compétences.

Les résultats de cette recherche montrent un lien significatif entre la maîtrise de l'anxiété exercée par la direction, sa capacité à reconnaître cette émotion chez son personnel et à l'aider à la gérer, et la manifestation de son leadership. De la même manière, plus une direction manifeste sa joie ou sa satisfaction et plus elle invite son personnel à le faire, plus celui-ci estime qu'elle a du leadership. Toutefois, on n'a pas démontré de lien similaire entre la colère et le leadership.

Ces résultats ont fait l'objet de présentations dans le milieu scolaire au Québec et en Europe. Cette recherche précise les aspects sur lesquels une direction pourrait travailler pour améliorer son leadership et aider son personnel tout en augmentant son influence pour instaurer des changements dans les pratiques d'enseignement.