Gérer les risques de récidives



Depuis toujours, les intervenants en criminologie s'efforcent d'évaluer le plus précisément possible les risques de récidive chez les délinquants. Ils tentent aussi de développer des approches qui favorisent la réintégration sociale de ces personnes. Le plus souvent, l'accent est mis sur l'évaluation des facteurs de risque, tels que la consommation d'alcool et de drogue, les mauvaises fréquentations ou les difficultés d'intégration dans le marché du travail. Or, le développement d'instruments pour évaluer les facteurs de risque s'est fait au détriment de celui des connaissances concernant les facteurs d'intégration sociale et de protection (haut niveau de scolarité, bons amis, soutien familial adéquat, etc.).

Malgré la difficulté d'évaluer les facteurs de protection, il est souhaitable d'intégrer ceux-ci dans les pratiques de réhabilitation des délinquants.

Depuis quelques années, la théorie de la vie saine propose un changement de paradigme. Inspirée de la psychologie positiviste, cette approche cherche à mettre l'accent sur les grandes aspirations des délinquants et sur les éléments positifs de leur vie. Le professeur-chercheur en criminologie de l'Université de Montréal, Jean-Pierre Guay, tente d'évaluer l'utilité de cette théorie dans les interventions auprès des délinquants et dans la prédiction de la récidive, un domaine de recherche qui en est à ses premiers balbutiements au Québec. Sa recherche a porté sur 115 délinquants incarcérés dans un établissement provincial. Elle a démontré que, malgré la difficulté que l'on éprouve à évaluer les facteurs de protection, il est souhaitable d'intégrer ceux-ci dans les pratiques de réhabilitation des délinquants.

Les travaux de Jean-Pierre Guay ont surtout démontré que l'avancement des connaissances sur les facteurs de protection et sur leurs liens avec les facteurs de risque aide à créer des outils mieux adaptés aux besoins des intervenants qui sont aux prises avec la difficile tâche de favoriser la réinsertion sociale de délinquants. Cela pourrait donner un nouveau souffle à l'intervention correctionnelle, en permettant de miser sur les forces des délinquants.