Gangs de rue : une question de perception?



Les gangs de rue existent au Québec depuis plusieurs années, principalement dans les grandes villes comme Montréal. Sylvie Hamel, professeure-chercheure à l'Université du Québec à Trois-Rivières, tente de comprendre le regard que divers acteurs de l'extérieur de la métropole portent sur ce phénomène, ainsi que le sens et la définition qu'ils lui donnent.

Pour ce faire, elle a organisé des groupes de discussion impliquant des personnes susceptibles d'être touchées par la problématique (policiers, intervenants des centres jeunesse, et des milieux communautaires et scolaires, adolescents) dans quatre villes du Québec : Terrebonne, L'Assomption, Trois-Rivières et Drummondville.

Plusieurs citoyens ont l'impression que ces nouveaux arrivants font automatiquement partie de gangs qui sont présents sur leur territoire.

À la lumière des résultats préliminaires, la chercheure souligne que bien qu'existant, ce problème résulte d'une construction sociale. À cet égard, les médias joueraient un rôle majeur, en contribuant à renforcer certains préjugés au sujet des gangs de rue. Selon elle, les parents et les intervenants entretiendraient aussi ces croyances, souvent erronées ou exagérées.

Par exemple, de plus en plus de nouvelles familles d'immigrants viennent s'installer en banlieue. Comme le phénomène des gangs est souvent associé aux Noirs, aux Latinos ou aux autres ethnies, la chercheure a observé que plusieurs citoyens ont l'impression que ces nouveaux arrivants font automatiquement partie de gangs qui sont présents sur leur territoire, ce qui est loin d'être le cas.

Elle suggère donc aux intervenants du milieu, notamment, d'éviter de marginaliser les familles ou les jeunes issus des communautés culturelles.