Fuite de carbone dans le commerce international



Entré en vigueur en février 2005, le protocole de Kyoto vise la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) des pays signataires. Neuf ans plus tard, force est de constater que cette entente peine à juguler la production de GES. L'une des raisons pourrait bien être la « fuite de carbone » dans le commerce international.

Jie He, chercheure au Département d'économique de l'Université de Sherbrooke, s'est intéressée à cette question en analysant la délocalisation des charges environnementales au sein du triangle commercial Canada–Chine–États-Unis. En observant les relations commerciales bilatérales entre le Canada, la Chine et d'autres pays comme les États-Unis, elle a pu démontrer que la délocalisation de la production en Chine provoquait en fait une augmentation globale des émissions de GES, les méthodes de production en Chine étant encore cinq à 10 fois plus polluantes que celles des pays occidentaux.

La délocalisation de la production en Chine provoque une augmentation globale des émissions de GES.

Ainsi, lorsqu'un pays comme le Canada délocalise une production vers la Chine, il diminue ses propres émissions de GES. Toutefois, comme la Chine en émettra beaucoup plus pour fabriquer le même produit, les émissions globales de GES augmentent. Cette démonstration contribue à expliquer pourquoi la lutte contre les changements climatiques est si compliquée à organiser.

Les travaux de Jie He ont fait l'objet d'articles dans des revues scientifiques comme Ecological Economics, Journal of International Trade and Economic Development, L'Actualité économique et Journal of Environmental Economics and Policy, ainsi que d'un chapitre dans l'ouvrage collectif The Chinese Economy in the Next Three Decades. Les résultats de cette analyse ont été présentés dans le cadre de conférences au Québec, en Chine et en France.