Faire le point sur l'évolution des écarts salariaux



Aux États-Unis, le taux de syndicalisation des travailleurs masculins du secteur privé a chuté de 32 à 9 % en trente ans.

Le ratio entre les plus hauts et les plus bas salaires n'a cessé d'augmenter pendant cette période, de sorte que les salariés les mieux rémunérés gagnent désormais plus de cinq fois ce que touchent les moins bien payés. Baris Kaymak, chercheur au Département de sciences économiques de l'Université de Montréal, a voulu expliquer ces écarts salariaux et trancher entre deux théories concurrentes. En vertu de la première, les changements dans les technologies de production ont fait grimper les salaires des travailleurs mieux qualifiés et baisser ceux des moins qualifiés.

Cette dynamique serait responsable d'environ 40 % de la baisse des taux de syndicalisation.

La seconde théorie prétend que c'est le déclin de la syndicalisation qui a causé l'augmentation de ces écarts. Les travaux du chercheur favorisent la première théorie. Selon lui, les salaires des travailleurs qualifiés n'ont cessé d'augmenter dans les années 1950 dans les établissements privés non syndiqués, alors que la rémunération des employés moins qualifiés n'a cessé de chuter. Or, dans les milieux de travail syndiqués, cette mouvance n'a pas été suivie, et les travailleurs qualifiés ont eu tendance à déserter ces employeurs. De leur côté, les entreprises syndiquées ont diminué l'embauche de travailleurs peu qualifiés, en raison des salaires élevés qu'ils commandaient. Cette dynamique serait responsable d'environ 40 % de la baisse des taux de syndicalisation, alors qu'un autre 20 % serait dû à la croissance du nombre d'employés dans l'industrie des services, qui sont plus difficiles à syndiquer.

Les travaux de Baris Kaymak ont fait l'objet d'un article dans la revue scientifique Journal of Monetary Economics et de présentations lors de conférences données en Belgique, au Canada et aux États-Unis.