Entrepreneurs de génération en génération?



Plusieurs immigrants choisissent de démarrer une entreprise dans leur pays d'accueil. Pour certains, il s'agit de répondre à une envie de se lancer en affaires, mais pour beaucoup, cette décision constitue plutôt une solution à la difficulté de s'intégrer dans le marché de l'emploi dans leur nouveau pays. Les enfants de ces immigrants grandissent en étant témoins de l'aventure entrepreneuriale de leurs parents. Sébastien Arcand, professeur-chercheur à HEC Montréal, s'est demandé si ce climat familial pouvait amener ces jeunes à développer la fibre entrepreneuriale.

Le chercheur a sondé l'intérêt que manifestent les enfants d'immigrants entrepreneurs pour reprendre l'entreprise familiale ou démarrer leur propre entreprise une fois devenus adultes. Afin d'éviter un biais culturel, l'étude a été réalisée auprès de représentants de plusieurs minorités ethnoculturelles. L'objectif était de cerner les conditions socio-historiques et matérielles qui favorisent ou découragent la transmission de pratiques entrepreneuriales entre la première et la deuxième génération d'immigrants.

La longévité de l'entreprise des parents et le secteur d'activité ont un impact important sur l'ambition des enfants de devenir entrepreneurs.

Premier constat : en règle générale, les entrepreneurs immigrants de la deuxième génération rejettent la notion même d'entrepreneuriat ethnique. Ils se considèrent comme des entrepreneurs québécois. Second constat : la longévité de l'entreprise des parents et le secteur d'activité ont un impact important sur l'ambition des enfants de devenir entrepreneurs. Sébastien Arcand a aussi constaté que de grandes différences pouvaient exister au sein d'une même famille. Ainsi, un enfant pourra avoir développé une forte ambition entrepreneuriale, alors que ce n'est pas du tout le cas de ses frères et sœurs. Comme quoi la fibre entrepreneuriale est une affaire très personnelle, peu importe l'origine ethnique !