Entre réalité et virtualité



La réalité virtuelle permet d'explorer des mondes artificiels en misant sur une simulation visuelle, sonore ou tactile. Elle ne parvient pas tout à fait à surmonter son obstacle principal : la coupure entre le monde virtuel et l'environnement physique immédiat de l'utilisateur. Conscient de cette limite, les développeurs des technologies virtuelles de l'image, du son et des communications se tournent de plus en plus vers ce que l'on appelle la réalité augmentée. Celle-ci permet de superposer les informations virtuelles à la réalité de la scène perçue par l'utilisateur. Une telle technologie amplifie non seulement la performance de l'utilisateur dans le monde, mais également sa perception du monde.

Le Groupe de recherche MIXARRT, dirigé par Christine Ross de l'Université McGill, a réalisé la première recherche substantielle sur les explorations esthétiques de la technologie dite d'augmentation de la perception du temps et de l'espace. Ces travaux combinaient des expérimentations d'œuvres, des analyses technologiques et des entrevues d'artistes, et comportait aussi une confrontation avec les recherches théoriques sur les nouveaux médias. Ils ont permis aux chercheurs de tirer plusieurs conclusions qui ont été publiées dans divers ouvrages collectifs, notamment Screen/Space : the Projected Image in Contemporary Art, chez Manchester U Press, et Precarious Visualities, chez McGill-Queen's U Press. Les chercheurs ont aussi fait paraître des textes dans nombre de revues spécialisées comme Convergence, Social Text, Fibreculture et Cinema.

Selon le Groupe de recherche, l'art contemporain utilise le rapport entre la réalité et la virtualité non pas comme une continuité, mais comme une imperfection. Ce sont les limites mêmes de la technologie qui servent à construire une esthétique et à créer, chez le spectateur, des perceptions inédites d'espace-temps. Mais cette façon de faire n'est pas entièrement propre au numérique. On la retrouve aussi dans diverses pratiques médias analogiques des années 1960 et 1970, de même que dans plusieurs pratiques artistiques non numériques récentes.

Équipe

Groupe de recherche MIXARRT

Directrice

Christine Ross, Université McGill

Membres réguliers

  • Olivier Asselin, Université de Montréal
  • Darin Barney, Université McGill
  • Kimberly Sawchuk, Université Concordia
  • Jonathan Sterne, Université McGill
  • David Tomas, Université du Québec à Montréal