En quête d'identité



Chaque année, près de 10 000 jeunes adultes de 18 à 25 ans sont incarcérés dans les prisons québécoises.

 Il est aussi crucial d'intervenir pour combler ce vide identitaire avant que la délinquance et l'adaptation à la vie en prison ne viennent occuper toute la place.

Cet événement déterminant aura un impact important sur le reste de leur existence. En menant une étude auprès d'une centaine de jeunes détenus, Julie Marcotte, chercheure au Département de psychoéducation de l'Université du Québec à Trois-Rivières, a démontré que la majorité de ces jeunes prisonniers sont moins développés sur le plan identitaire que de jeunes universitaires ou des raccrocheurs du même âge : ils n'explorent pas activement ce qu'ils sont et ce qu'ils veulent devenir ou stagnent dans une vision d'eux-mêmes qu'ils ne remettent pas en question.

Les résultats de ces travaux ont fait l'objet d'un article dans la revue Déviance et société. Ils ont aussi été présentés en Grèce devant la European Association for Research on Adolescence, à Québec, lors du colloque de la Société de criminologie du Québec et du Centre international pour la prévention de la criminalité, et en Suisse, au congrès de l'Association internationale des criminologues de langue française.La chercheure déplore qu'au Québec, les services psychosociaux offerts dans les établissements de détention ne permettent pas de cibler les jeunes adultes et de leur offrir des interventions adaptées à leurs besoins. Pourtant, au cours de cette étape décisive de leur existence, ils ont absolument besoin d'interventions qui favoriseront la mise en branle de l'exploration identitaire et l'élaboration d'un projet de vie plus positif. Il est aussi crucial d'intervenir pour combler ce vide identitaire avant que la délinquance et l'adaptation à la vie en prison ne viennent occuper toute la place.