Déménager ou rester là : rapports sociaux inégalitaires dans l'expérience des locataires



Cette thèse porte sur la production des inégalités dans l'expérience du logement des locataires et vise à :

1) décrire le vécu du logement tel qu'exprimé par les locataires eux-mêmes;

2) dégager les inégalités sociales du logement qui traversent les comptes rendus de leurs expériences.

Pour ce faire, nous nous tournons vers la notion « d'expérience sociale » afin de relever les rapports sociaux inégalitaires présents à partir d'une recherche qualitative basée sur des entrevues semi-dirigées et une centaine d'heures d'observation auprès d'un comité logement à Montréal. 

L'expérience du logement est indissociable des lieux qui la contextualisent.

 

L'analyse des récits d'expérience des locataires a permis de dégager différentes catégories d'épreuves (relationnelles, financières et spatiales). Pour chacune des épreuves, nous avons analysé les rapports sociaux inégalitaires qui les construisent à partir d'une conception des inégalités permettant de relever des processus d'appropriation présents dans les interactions sociales.

Nous identifions trois types de rapports : 1) l'exploitation, qui se caractérise par l'appropriation par autrui de la capacité de produire et de reproduire tout comme du gain de cette production; 2) la ségrégation et l'exclusion, caractérisées par l'appropriation monopoliste de territoires et de ressources; 3) la violence symbolique, caractérisée par l'appropriation par autrui de la capacité de réfléchir et de décider.

Deux grandes conclusions sont tirées de notre thèse. Tout d'abord, l'expérience du logement semble constituer une épreuve spatiale, et les épreuves financières et relationnelles donnent surtout de la consistance à la première, l'expérience du logement étant indissociable des lieux qui la contextualisent. Ensuite, nous avons relevé comment les rapports sociaux inégalitaires se construisent dans les interactions entre locataires avec les autres acteurs du logement. Cela donne une importance centrale à la violence symbolique comme rapport social inégalitaire, puisqu'il rend les autres rapports acceptables, voire invisibles, pour les locataires.

Chercheur principal

Renaud Goyer, Université de Montréal

Rapport de recherche (thèse)

Appel de propositions

Dépôt du rapport de recherche : juillet 2018