Dis-moi tout ce qui s'est passé



Dans les pays industrialisés, environ une femme sur cinq et un homme sur 10 sont agressés sexuellement avant d'atteindre leur majorité.

Or, il n'est pas facile de recueillir le témoignage des victimes d'agressions sexuelles, surtout lorsqu'il s'agit d'enfants en bas âge qui n'ont pas les capacités verbales d'un adulte et qui sont facilement influençables.

L'École nationale de police du Québec utilise désormais ce guide pour former ses enquêteurs.

Mireille Cyr, professeure-chercheure au Département de psychologie de l'Université de Montréal, a traduit et adapté pour le Québec un guide d'entrevue d'enquête élaboré aux États-Unis par le National Institute of Child Health and Human Development (NICHD).

Ce guide s'appuie sur des travaux réalisés sur la mémoire et sur la suggestivité des enfants au cours des 30 dernières années.

Ces études montrent que, même très jeunes, les enfants se remémorent certains détails précis qui se sont inscrits au coeur d'un événement. La stratégie du guide consiste donc à amener l'enfant à recourir librement à sa mémoire de rappel. Pour ce faire, les spécialistes utilisent des questions ouvertes ou des invitations du type « Dis-moi tout ce qui s'est passé ».

Mireille Cyr a comparé des résultats d'entrevues dirigées de façon traditionnelle à ceux d'autres entrevues menées avec le guide du NICHD, afin d'évaluer l'efficacité de cet outil. Les entretiens ont été réalisés auprès d'enfants de trois à 13 ans qui étaient de présumées victimes d'agressions sexuelles.

Quel que soit leur âge, ceux-ci ont communiqué un plus grand nombre de détails lorsqu'ils ont passé des entrevues de type NICHD. De plus, l'utilisation du guide d'entrevue du NICHD a permis de réduire le nombre de questions de 25 %, ce qui offre l'avantage d'alléger le fardeau que représentent de telles entrevues pour l'enfant.

L'École nationale de police du Québec utilise désormais ce guide pour former ses enquêteurs.