Des acteurs pas comme les autres



Sur scène, des automates cubiques volants et des comédiens se donnent la réplique.

Intitulée Les yeux du Tryphon, cette performance-théâtre est l'œuvre de Nicolas Reeves, professeur-chercheur à l'École de design de l'Université du Québec à Montréal, et de David St-Onge, son collaborateur au laboratoire NXI Gestatio.

L'équipe a entre autres élaboré des robots volants à six degrés de liberté.

Cette pièce est encore plus impressionnante quand on sait que les automates en question ne sont pas préprogrammés : ils réagissent en direct à la gestuelle, aux mouvements du corps et à la voix des comédiens, ainsi qu'à la lumière. Les travaux liés à cette pièce ont exigé de l'ingéniosité sur le plan technologique, pour permettre des interactions avancées entre les êtres humains et les automates.

Il a fallu développer des techniques d'analyse et de reconnaissance de la voix humaine fondées sur les intervalles de tons plutôt que sur les notes. L'équipe a aussi élaboré des robots volants à six degrés de liberté, c'est-à-dire capables de se déplacer librement dans un mouvement décomposable en six transformations géométriques indépendantes autour d'axes fixes (par exemple, en effectuant des glissements avant-arrière ou des rotations).

Sur le plan purement artistique, il a fallu développer des scènes autonomes impliquant les robots volants non programmés et les performeurs, ce qui exigeait notamment de mettre au point des éléments permettant l'expression d'émotions par les automates, de manière à susciter de l'empathie chez le spectateur.

Les résultats ont été présentés dans le cadre de colloques tels que la 34e Mechanisms and Robotics Conference (Montréal), l'International Conference on Human-Robot Interaction (Osaka) et l'International Conference on Advanced Robotics (Talin, Arménie). Ils ont aussi fait l'objet d'articles dans les revues scientifiques INTER, Robotics and Automation Magazine et Journal of Literature and Art Studies.

Ces travaux pourraient aussi avoir un impact en psychologie appliquée, grâce au développement d'outils thérapeutiques fondés sur la relation être humain-automate, ou encore en muséologie, par l'élaboration de guides automatisés pour les expositions en salles.