Comment une fête entre dans le patrimoine



Le Carnaval de Québec est-il un simple événement touristique ou un élément du patrimoine culturel québécois ? Et les festivités de la mi-Carême, qui subsistent seulement dans trois localités ? Comment évalue-t-on la valeur patrimoniale de telles célébrations ?

Martine Roberge a observé la vitalité de ces festivités, leur rapport à la commercialisation et au tourisme, et leur apport au développement d'une identité locale.

Martine Roberge, professeure d'ethnologie à l'Université Laval, a observé ces deux fêtes pour répondre à ces questions et mettre à jour les mécanismes à l'œuvre dans la mise en patrimoine, notamment la reconnaissance, l'appropriation et la transmission de ces fêtes par la collectivité. Elle a observé la vitalité de ces festivités, leur rapport à la commercialisation et au tourisme, et leur apport au développement d'une identité locale.

Ces travaux ont notamment montré comment le Carnaval de Québec avait en quelque sorte « sauvé » son âme patrimoniale en ramenant au programme des activités comme le concours des duchesses et le couronnement de la reine, qui exigent la participation de la population locale.

La partie de la recherche sur les festivités de la mi-Carême a suscité un grand intérêt. Ce fut le cas d'abord dans les médias, curieux de redécouvrir cette célébration presque oubliée lors de laquelle les gens d'un village se déguisent et passent de porte en porte, invitant les résidents à tenter de les reconnaître.

Les résultats ont aussi été intégrés à une étude ethnologique réalisée pour le compte du ministère de la Culture et des Communications. L'expertise de Martine Roberge est régulièrement sollicitée pour aider ce ministère à évaluer si certaines activités doivent être désignées comme élément du patrimoine immatériel.