Ces lieux qui nous sont chers



En 2006, lorsque le gouvernement québécois annonça son intention de privatiser une partie du parc du mont Orford, la grogne populaire fut si forte qu'il dut reculer. Les citoyens avaient un attachement tel envers ce lieu, qu'ils étaient prêts à batailler ferme pour le protéger. Pascale Marcotte, professeure-chercheure en Études en loisir, culture et tourisme à l'Université du Québec à Trois-Rivières, a voulu savoir ce qui motivait l'attachement des personnes envers un lieu.

L'attachement à un lieu peut reposer sur des valeurs aussi différentes que notre esthétisme, notre sens de l'éthique ou même notre spiritualité.

L'attachement envers un lieu touristique ou culturel dépasse le simple utilitarisme. Il peut reposer sur des valeurs aussi différentes que notre esthétisme, notre sens de l'éthique ou même notre spiritualité. Un tel endroit peut même devenir un élément constitutif de la personnalité. Dans le cas du mont Orford, l'attachement a conduit au militantisme. La chercheure a cependant noté différents degrés d'engagement envers les lieux. Parfois, l'usager a un comportement de consommateur, son engagement se limitant à payer pour profiter du lieu. Dans d'autres cas, les gens poseront des gestes comme faire des dons, du bénévolat ou participer à la préservation d'un site.

Les travaux de Pascale Marcotte montrent que plus on fréquente un endroit, plus on s'y attache et plus on s'y investit. Ils démontrent aussi que le fait d'y pratiquer des loisirs favorise l'intégration et crée des liens sociaux.

La chercheure a diffusé une partie de ses résultats dans l'ouvrage collectif Tourisme durable et patrimoines : une dialectique développementale?, publié par la maison d'édition parisienne Karthala. En 2012, elle a aussi été responsable d'un colloque de l'Acfas au cours duquel 32 communications ont été présentées. En 2013, un numéro spécial de la revue Loisir et Société sera consacré à cette thématique.