Certifications éthiques : imposer ou accompagner?



De plus en plus de certifications éthiques sont créées pour aider les consommateurs à reconnaître les produits qui correspondent à leurs valeurs. Parmi celles-ci, on trouve les certifications de commerce équitable.

Les organismes de certification exercent leur pouvoir de manière normative ou capacitante sur les acteurs qui aspirent à une certification.

Allison Marchildon, chercheuse en éthique appliquée à l'Université de Sherbrooke, a mené des entrevues auprès de divers acteurs de la chaîne du commerce équitable. Les propos des organismes de certification, des organismes non gouvernementaux promoteurs du commerce équitable et surtout des producteurs lui ont permis de constater que les organismes de certification exercent leur pouvoir de manière normative ou capacitante sur les acteurs qui aspirent à une certification.

Les outils normatifs servent à imposer un certain nombre de principes et de valeurs aux producteurs et aux autres acteurs qui veulent être certifiés et à s'assurer qu'ils les respectent. Il s'agit principalement de décerner une certification à ceux qui travaillent en fonction de ces valeurs et de la refuser aux autres. 

Quant aux instruments de « capacitation », ils visent plutôt l'accompagnement des acteurs désireux d'obtenir une certification. Les organismes de certification leur fournissent alors des outils pour les aider à améliorer leurs pratiques. Ils créent ainsi une interaction et établissent des relations avec les acteurs certifiés, en particulier avec les producteurs, qui gagnent ce faisant plus de pouvoir dans leur transition vers des échanges plus équitables. 

Observer comment le pouvoir est réparti et comment il s'exerce dans les processus de certification équitable aide à mieux les comparer et les évaluer. Cet exercice met aussi en lumière le potentiel que présente le développement, par des mesures capacitantes, des pouvoirs des acteurs certifiés – notamment les producteurs – dans l'essor du commerce équitable.