Bien jouer ses cartes



Voici une information étonnante : les étudiants universitaires sont proportionnellement plus nombreux à souffrir d'une dépendance au jeu que l'ensemble de la population adulte québécoise. En effet, une récente enquête révèle qu'environ 6,2 % des étudiants montréalais inscrits au baccalauréat sont des joueurs problématiques ou courent un risque modéré de connaître des problèmes de jeu, alors que 9 % déclarent que le jeu leur a causé des difficultés, notamment financières, relationnelles ou psychologiques.

Ces statistiques alarmantes viennent d'une enquête menée par l'équipe de Sylvia Kairouz, professeure-chercheure à l'Université Concordia, rattachée au Centre Dollard–Cormier – Institut universitaire sur les dépendances. Réalisée auprès de plus de 2 000 étudiants, cette étude visait à décrire les comportements de jeu des étudiants et les contextes dans lesquels ils se déroulent, à analyser les premiers signes de comportement problématique lié au jeu et à comprendre la situation de ces étudiants.

L'enquête a révélé que les activités de jeu les plus prisées par les étudiants sont la loterie et le poker, et que les paris sont plus élevés lorsqu'ils sont faits sur Internet. En plus de déclarer des dépenses et des dettes plus substantielles, les jeunes pour qui le jeu pose un problème courent un risque plus grand de développer des problèmes de consommation d'alcool et de drogues, et d'atteindre un plus haut niveau de détresse psychologique.

La collaboration entre le Centre Dollard–Cormier – Institut universitaire sur les dépendances et l'Association des centres de réadaptation du Québec a permis aux intervenants et aux cliniciens des centres de réadaptation d'intégrer dans leur pratique le savoir scientifique en matière de jeu chez les jeunes.

L'équipe a élaboré des modes d'intervention originaux destinés aux étudiants et aux intervenants en santé. Un petit guide de prévention a été mis en ligne et est accessible directement par Internet ou par l'entremise d'un code à barres apposé sur une affiche qui peut être capté par un cellulaire et qui donne un accès direct au document virtuel. Cette étude met en évidence la pertinence des partenariats entre chercheurs et cliniciens, et montre qu'ils sont nécessaires pour répondre aux problèmes d'ordre psychosocial et favoriser l'appropriation des connaissances scientifiques.

Équipe

Centre Dollard–Cormier – Institut universitaire sur les dépendances

Directrice

Louise Nadeau, Université de Montréal

Membres réguliers

  • Jacques Bergeron, Université de Montréal
  • Karine Bertrand, Université de Sherbrooke
  • Serge Brochu, Université de Montréal
  • Natacha Brunelle, Université du Québec à Trois-Rivières
  • Magali Dufour, Université de Sherbrooke
  • Francine Ferland, Centre de réadaptation Ubald-Villeneuve
  • Isabelle Giroux, Université Laval
  • Sylvia Kairouz, Université Concordia
  • Michel Landry, Centre Dollard–Cormier – Institut universitaire sur les dépendances
  • Myriam Laventure, Université de Sherbrooke
  • Pauline Morissette, Université de Montréal
  • Louise Nadeau, Université de Montréal
  • Élise Roy, Université de Sherbrooke
  • Hélène Simoneau, Centre Dollard–Cormier – Institut universitaire sur les dépendances
  • Joël Tremblay, Université du Québec à Trois-Rivières