Aménager la forêt avec les communautés autochtones



La vision qu'ont les communautés autochtones de la gestion des ressources naturelles peut différer de celle de l'État québécois ou de l'industrie forestière. Or, plusieurs projets forestiers sont menés sur leurs territoires. Leurs savoirs et leur volonté sont-ils intégrés dans les décisions politiques qui portent sur la gestion de ces ressources ?

Les savoirs et la volonté des communautés autochtones sont-ils intégrés dans les décisions politiques?

Sara Teitelbaum a réalisé une recension documentaire et mené 25 entrevues semi-dirigées auprès des Cris de Waswanipi, en 2015 et 2017. Elle souhaitait mieux comprendre l'impact des politiques et des pratiques gouvernementales sur l'intégration des savoirs autochtones dans la planification et la gestion forestière.

Dans un premier temps, l'analyse des lois, des politiques et des règlements du gouvernement du Québec en vigueur entre 1960 et 2015 a montré l'intégration progressive des droits des communautés autochtones dans le cadre juridique. Sur le plan légal, ces droits sont maintenant beaucoup plus ancrés dans la loi qu'ils ne l'étaient avant les années 2000.

Il reste toutefois du travail à faire pour amener les communautés autochtones à participer aux prises de décision. Les mécanismes de consultation sont plus développés sur le plan opérationnel – comme dans le cadre des plans annuels – que sur le plan stratégique – comme dans le choix du volume de récolte sur une unité de bois forestier. Le réel pouvoir de décision, dans l'établissement d'un plan d'aménagement forestier, reste donc largement aux mains de l'État québécois.

Les résultats de ces travaux ont notamment fait l'objet d'un article scientifique publié dans la revue Recherches sociographiques et seront aussi inclus dans un chapitre d'un ouvrage collectif coécrit avec un collaborateur cri de Waswanipi. Ils sont utiles tant pour le gouvernement que pour les Cris, puisqu'ils documentent de manière précise et objective une situation dans laquelle chaque partie à des intérêts cruciaux en jeu.