À l'ère du journalisme d'opinion



Le journalisme « objectif » et commercial, qui a eu cours pendant une bonne partie du 20e siècle, semble muter vers un journalisme d'opinion.

Frédérick Bastien, chercheur au Département de science politique de l'Université de Montréal, s'interroge sur l'impact de ce changement de paradigme sur la communication politique. En observant l'évolution du journalisme et de l'information électorale au Canada, il a constaté que les journalistes se conçoivent de moins en moins comme des courroies de transmission et font davantage entendre leur propre voix. La concurrence féroce que se livrent les différents médias leur impose de se distinguer, de faire entendre un discours original, voire de céder à l'information spectacle.

Les journalistes se conçoivent de moins en moins comme des courroies de transmission et font davantage entendre leur propre voix.

Pour les acteurs politiques, ce glissement représente un défi de taille. Comment relayer leur message aux citoyens en évitant de le voir déformé par le filtre journalistique? De leur côté, les citoyens peinent à accéder directement aux propos des acteurs politiques, ce qui constitue un problème d'envergure dans une société démocratique. Comprendre les mécanismes qui régissent le milieu journalistique est crucial pour améliorer la communication entre les acteurs politiques et les citoyens, et pour mieux saisir le rôle des médias dans la communication politique.

Les travaux de Frédérick Bastien ont fait l'objet d'articles dans les revues Questions de communication et Revue canadienne de science politique, et de chapitres dans les livres L'État du Québec 2012, L'échange politique à la télévision : interviews, débats et divertissements politiques et La télévision de Radio-Canada et l'évolution de la conscience politique au Québec. Ils ont aussi été présentés dans le cadre de conférences au Canada, au Brésil, en Espagne et en Suisse.