Vies de chercheurs en Afrique

 

Matthew Harsh

Université Concordia

 

Domaine : développement et fonctionnement des personnes et des communautés, et vie sociale

Programme soutien à la recherche pour la relève professorale

 Concours 2018-2019

La capacité scientifique locale est depuis longtemps considérée comme un moteur essentiel à la croissance économique et au bien-être quotidien en Afrique sub-saharienne. Pourtant, nous témoignons d'une compréhension fort limitée des chercheurs qui mènent ces travaux scientifiques. Palliant une lacune majeure de la sociologie des sciences, ce projet aura recours à des entretiens biographiques afin de déterminer comment les dimensions pratiques et professionnelles de carrières scientifiques – les motivations, cadres organisationnels et collaborations qui les déterminent – façonnent à leur tour les trajectoires de chercheurs en agriculture et en informatique au Kenya. Notre approche théorique liera ces dimensions aux trois concepts fondamentaux d'identité, d'institutions et de réseaux de la recherche sociale en matière de science – la discipline étant ici envisagée à la fois comme profession et industrie du savoir.

Le Kenya constitue le pays idéal pour mener une telle étude. En effet, son secteur agricole s'appuie sur un système de recherche éprouvé et joue un rôle historique de moteur économique, tout en assurant un mode de vie de subsistance pour de nombreux agriculteurs. En émergence, le secteur informatique représente quant à lui un nouveau moteur économique et une source inédite de savoir dans la résolution des problèmes locaux. Un échantillon de scientifiques à différents stades de carrière dans les domaines de l'agriculture et de l'informatique sera ainsi sélectionné en vue de dresser un portrait longitudinal de leur profession. L'ethnographie vidéo servira à la réalisation d'entrevues semi-dirigées qui seront soumises à une analyse qualitative. Ce projet sera diffusé autant dans les milieux académiques que dans les milieux de pratique axés sur les politiques.