Sécession et non-domination : réconcilier auto-détermination et justice

 

Amandine Catala

Université du Québec à Montréal

 

Domaine : enjeux et vie humaine

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2015-2016

Ce projet de recherche développe une nouvelle compréhension de la relation entre deux perspectives différentes sur la sécession afin de sortir du dilemme qui les oppose. Deux perspectives divisent en effet le débat philosophique sur la sécession. Selon la première perspective, la sécession doit s'analyser en termes d'auto-détermination : un groupe qui remplit certains critères (culturels ou politiques) a le droit d'exercer son auto-détermination en faisant sécession. Selon la deuxième perspective, la sécession doit s'analyser en termes de justice : un groupe ne peut faire sécession que s'il a au préalable subi une injustice majeure (violations de droits humains) au sein de l'État qu'il cherche à quitter. Les perspectives de l'auto-détermination et de la justice ont jusqu'ici été jugées mutuellement exclusives et conjointement exhaustives. Ceci force les théoriciens de la sécession à choisir une seule des deux perspectives au détriment de l'autre. Pourtant, chacune des deux perspectives rend compte d'enjeux normatifs cruciaux soulevés par la question de la sécession. Le verdict du dilemme constitue donc un obstacle à une analyse complète et plausible de la sécession.

Ce projet conteste le verdict du dilemme et soutient qu'une analyse complète de la sécession requiert d'intégrer à la fois les préoccupations d'auto-détermination et de justice. Spécifiquement, je montrerai en quoi le concept de non-domination permet de sortir du dilemme en offrant une troisième voie, qui réconcilie auto-détermination et justice. Pour ce faire, le projet adopte une méthodologie qui permet d'avoir une vue complète des agents pertinents et de la complexité de leurs interrelations (méthodologie dite « non-idéale »).