Rendre visible l'itinérance au féminin

 

Céline Bellot

Université de Montréal

 

Action concertée : Mieux connaître le parcours des femmes en situation d'itinérance pour mieux agir

Volet : Projet de recherche

Partenaire : Secrétariat à la condition féminine

Comme le définit la politique de lutte à l'itinérance, elle est d'abord et avant une situation d'atteinte aux droits fondamentaux.  Pourtant, cette perspective demeure novatrice tant le regard sur l'itinérance demeure celui sur une situation d'exclusion. D'ailleurs, il est remarquable de constater à quel point on pense et on agit autour de l'itinérance au féminin comme on le fait pour l'itinérance en général. Pourtant, si les données témoignent que les femmes représentent de 25 à 40% de la population, elle demeure méconnue, mal considérée et faisait l'objet de peu d'intervention. Ce projet en proposant un nouveau regard vise à sortir d'une compréhension classique de la production de l'itinérance pour mieux saisir les systèmes d'oppression et de domination qui invisibilisent ces femmes, au point de les plonger dans l'inexistence sociale. Il vise aussi à repenser la condition même de l'itinérance en cherchant à saisir comment cette expérience est celle d'une vie moindre. En outre, la pluralité des visages de l'itinérance souvent exprimée tant à un réductionnisme identitaire qu'il importe de dépasser en cherchant à saisir les subjectivités intersectionnelles. Enfin les ressources si elles sont peu nombreuses et accessibles, il importe de repenser leur reconfiguration dans une perspective de défense des droits. Ainsi, ce projet vise à documenter les différentes atteintes aux droits fondamentaux vécus par les femmes; d'appréhender à travers ces situations, évènements, acteurs et rapports sociaux, les processus d'invisibilisation que vivent les femmes, voir en quoi, les réponses offertes parviennent à répondre aux besoins identifiés en regard d'un exercice effectif des droits. Résolument critique et féministe, ancré dans une articulation entre les théories de la reconnaissance et les théories intersectionnelles, ce projet s'inscrit dans une démarche méthodologique de recherche-action participative. Il s'appuie sur une étude de cas dans 8 régions étudiées. Il s'agit de produire 45 récits de vie, 8 cartographies des réponses offertes, 22 entrevues de groupe et finalement une stratégie de validation et de transfert avec 8 tables-ronde. Ces stratégies méthodologiques permettront de saisir les convergences et les divergences dans les parcours des femmes et dans le quotidien mais aussi de comprendre les configurations des réponses et de voir en quoi elles sont liées ou non aux besoins des femmes. Ainsi, il s'agira de saisir jusqu'à quel, les réponses offertes, peuvent inscrire ces femmes dans une condition de vie susceptible de rendre l'exercice des droits effectif.  En s'appuyant sur une démarche avec les femmes, au-delà du caractère innovant de la démarche, les résultats anticipés sont de rendre visible l'itinérance en permettant de saisir les atteintes aux droits vécus, mais aussi de soutenir la production d'une base documentaire sur les différentes réalités des femmes et des régions et finalement de travailler à la mobilisation des acteurs pour un renouvellement des pratiques. L'Équipe de recherche est construite autour de 7 chercheurs, 2 partenaires qui travaillent depuis de nombreuses années ensemble.

Appel de propositions

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Co-chercheurs

- Philippe-Benoit Côté, Université du Québec à Montréal
- Annie Fontaine, Université Laval
- Stéphane Grenier, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
- Roch Hurtubise, Université de Sherbrooke
- Sue-Ann Belle Macdonald, Université de Montréal
- Maria Nengeh Mensah, Université du Québec à Montréal

Membres collaborateurs

- Catherine Flynn, Université d'Ottawa
- Elisabeth Greissler, Université de Montréal

Durée du projet, montant octroyé et date de dépôt du rapport final

Le projet est d'une durée de 2 ans. Le montant total octroyé est de 254 000 $. Le rapport final est attendu pour le 8 janvier 2018.