Régulations sociales et familiales dans l'histoire des problèmes sociaux au Québec

 

Martin Petitclerc

Université du Québec à Montréal [UQAM]

 

Domaine : nature, transformation et gouvernance de la société et des institutions

Programme soutien aux équipes de recherche

Concours 2018-2019

Le Centre d'histoire des régulations sociales (CHRS; http://www.chrs.uqam.ca/), fondé en 1990, est une équipe de 14 chercheurs provenant des disciplines de l'histoire et de la criminologie. Notre équipe documente et interroge l'histoire des inégalités sociales et des problèmes sociaux (crime, pauvreté, folie, déviance, etc.) au Québec sous l'angle des régulations sociales, en privilégiant l'étude de la dynamique conflictuelle de construction et d'imposition des normes qui structurent la vie en société. Comme le montre son bilan, notre équipe se démarque par la constance du financement obtenu par ses chercheurs, le nombre et la qualité de leurs publications et leur engagement dans la formation de la relève.

Depuis sa fondation, le CHRS a élargi constamment ses horizons de recherche, tout en restant fidèle à son approche fédératrice, celle de la régulation sociale. Au cours des dernières années, notre équipe s'est penchée sur l'étude des pratiques institutionnelles de gestion des problèmes sociaux à Montréal, puis sur l'analyse des pratiques et discours relatifs à la gestion de la vulnérabilité et du risque dans la modernité québécoise. L'actuel cycle de programmation scientifique (2014-2018) nous a permis d'insister sur l'impact des pratiques juridiques, politiques, économiques et culturelles associées à la citoyenneté sur le « gouvernement de la misère » au Québec. Cette évolution de notre programmation, qui a orienté une bonne partie de nos travaux vers l'analyse des relations entre les institutions (privées ou publiques) de régulations sociales et les personnes prises en charge, nous invite maintenant à nous interroger plus systématiquement sur le rôle structurant joué par « la famille » dans l'histoire des problèmes sociaux. Dans notre prochain cycle de subvention, nous proposons donc d'approfondir cette problématique, en situant les familles plus explicitement comme cadre de vie matérielle et affective de la majorité des Québécois et en étudiant le rôle de la famille, comme instance sociale, juridique et politique, dans l'organisation sociale.

Trois axes structurent la programmation scientifique qui fait l'objet de la présente demande. Le premier axe, intitulé Familles, précarité socio-économique et formation de l'État, vise à mieux comprendre comment la consolidation du capitalisme industriel, de la fin du XIXe siècle à 1945, force un redéploiement des stratégies économiques au sein des familles et des institutions privées au Québec. Par le deuxième axe, Familles, recours aux services et accès aux soins, nous analyserons le problème de l'accès aux soins, tant du point de vue de la demande croissante et de la diversification de l'offre, que de celui des obstacles qui se présentent au moment d'y recourir. Le troisième axe, Familles, délinquance, droit et justice, portera enfin sur les interactions diverses entre les familles et la justice civile et criminelle, afin d'aborder l'histoire plus générale de la formation de l'État. Chacun de ces axes regroupe des projets de recherche qui apporteront des contributions significatives aux connaissances dans le champ de l'histoire des régulations sociales et familiales au Québec.