Les tristes plaintes d'Érato. Généalogie de l'élégie française moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

 

Nicholas Dion

Université de Sherbrooke

 

Domaine : arts et littérature

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2014-2015

Selon la majorité des dictionnaires modernes, l'élégie française se définit par sa tonalité nostalgique et mélancolique. Nos recherches précédentes et celles d'autres chercheurs ont établi qu'une telle définition éclipse cependant le fait que la transposition de l'élégie gréco-romaine dans l'univers poétique français fut complexe, en ce sens où un genre délimité par un critère prosodique dans l'Antiquité devait désormais circonscrire une production poétique selon sa matière. Nous proposons maintenant, en tenant compte de la filiation antique et néolatine, d'étudier la généalogie de l'élégie française aux siècles classiques. Nous dresserons un inventaire des différentes sources susceptibles d'accueillir des discours critiques (journaux, gazettes, mémoires de sociétés savantes, traités de poétique généraux, etc.) afin de recenser l'essentiel des écrits théoriques qui touchent l'élégie. Nous recenserons également les productions poétiques contenues, entre autres, dans des recueils de poésies ou d'œuvres complètes.

En effet, à partir du XVIIe siècle, les élégies qui paraissent s'inscrivent dans un contexte de taxinomie normée, que nous pourrons ainsi analyser. En ce sens, notre programme de recherche permettra de mieux saisir la production des siècles suivants et notre conception moderne de l'élégie comme forme poétique et de l'élégiaque comme registre littéraire. Nous répondrons ainsi à l'appel lancé en 2010 par l'Oxford Handbook of the Elegy, qui fait le point sur le genre élégiaque et qui réunit plus d'une trentaine de spécialistes; seule l'élégie française et ses 500 ans d'histoire sont absents.