Les stratégies de contrôle de groupes religieux en contexte autoritaire

 

Marie-Eve Reny

Université de Montréal

 

Domaine : gouvernance

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2014-2015

Les régimes autoritaires sont d'abord et avant tout préoccupés par le maintien de la stabilité politique afin d'assurer leur résilience. Or ces régimes sont souvent confrontés à des groupes d'opposition religieux au sein de leur société qui ont le potentiel de menacer cette stabilité. Ce projet part du constat que les régimes autoritaires ont recours à quatre stratégies afin de contrôler ces groupes : la cooptation, l'endiguement, la coercition et la répression.

L'objectif du projet est d'expliquer les circonstances dans lesquelles les régimes autoritaires ont recours à chacune de ces stratégies. Le projet explorera notamment le pouvoir explicatif de six variables qui pourraient influencer ce choix : 1) la taille du mouvement religieux; 2) le niveau de cohésion régionale et/ou nationale du mouvement; 3) son passé de mobilisation; 4) la compatibilité des intérêts de ses leaders avec ceux du régime autoritaire; 5) la capacité étatique; 6) la nature du régime autoritaire (par exemple, régime à parti unique; autocratie électorale; dictature militaire). Afin d'évaluer le pouvoir explicatif de ces facteurs d'un contexte à l'autre, je me pencherai sur trois études de cas : les églises protestantes clandestines en Chine au cours de la dernière décennie, le mouvement musulman salafiste en Jordanie des années 1990 à nos jours, ainsi que les monastères bouddhistes sous la dictature militaire au Myanmar des années 1980 à 2011.