Les motifs merveilleux dans les mises en prose du Moyen Âge tardif

 

Isabelle Arseneau

Université McGill

 

Domaine : arts et littérature

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2010-2011

Le surnaturel a joué un rôle de premier plan dès l'origine de la littérature française et s'est décliné sous différentes formes allant du miraculeux au fantastique en passant par un merveilleux plus « neutre ». La part du surnaturel dans la littérature médiévale a déjà fait l'objet de nombreuses études. Elles portent cependant principalement sur les œuvres canoniques du Moyen Âge central et n'abordent jamais le corpus sur lequel porte ma proposition de recherche : les mises en prose du Moyen Âge tardif.

La singularité de ces œuvres du XVe siècle tient à ce qu'elles s'affichent ouvertement comme des réécritures en prose des anciens romans en vers des XIIe-XIIIe siècles où s'est concrétisée, pour la première fois, l'étroite relation entre le roman et le merveilleux. Le collationnement des réécritures et de leurs textes-sources fait apparaître d'importantes variations, qui n'ont à ce jour jamais été étudiées en ce qui a trait à l'usage du surnaturel et qui paraissent pourtant aptes à enrichir de façon substantielle notre connaissance de l'évolution du surnaturel à la fin du Moyen Âge.

Je me propose donc d'étudier ces modulations à partir de textes qui ont l'avantage d'offrir un point de comparaison précis. On peut supposer qu'elles s'articuleront autour de 3 axes : idéologique (l'évolution des grandes tendances de l'imaginaire); poétique (la redéfinition du rôle du merveilleux dans le récit); et linguistique (les variations lexicologiques et sémantiques induites par le passage du vers à la prose et de l'ancien au moyen français).