Les doubles référendums au sein de l'Union Européenne : comment inverser le verdict du public?

 

Ece Ozlem Atikcan

Université Laval

 

Domaine : gouvernance

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2013-2014

Dans le cas où les électeurs doivent se prononcer deux fois au cours d'une même année sur la même question référendaire, pourquoi rejetteraient-ils la proposition en premier lieu avant de finalement voter en sa faveur la deuxième fois? C'est exactement ce qui s'est produit à trois reprises au sein de l'Union Européenne (UE) (Danemark sur le Traité de Maastricht en 1992-1993, Irlande sur le Traité de Nice en 2001-2002, ainsi que sur le Traité de Lisbonne en 2008-2009). Ces mouvements surprenants dans l'opinion publique ont des implications cruciales pour le futur de l'UE. Dans le cadre de ce projet, j'analyserai le phénomène  du « double référendum ». La littérature sur le comportement électoral suggère que les politiciens encouragent les lecteurs à garder en tête un ordre de préférences particulier, grâce à un argumentaire qui met l'accent sur certaines caractéristiques de l'enjeu. Des images vives et concrètes, en plus de messages négatifs, sont plus efficaces pour agir sur l'opinion des individus. En conséquence, l'appui populaire peut considérablement diminuer suite à l'usage d'un cadre cognitif supérieur pour le camp du Non. Cependant, si les partis du Oui ne sont pas capables de battre ceux du Non du premier référendum, pourquoi le sont-ils lors du second?

À l'aide d'entrevues avec les acteurs des campagnes, d'analyse du contenu médiatique et de données de sondage, je propose d'étudier l'argumentation de campagne de ces « campagnes doubles ». Mon hypothèse est que les campagnes du Oui apprennent de leurs erreurs et deviennent plus efficaces dans leurs messages lors des deuxièmes référendums.