Le labo cinématographique vert : renouveau du cinéma non numérique et traitement de film écoresponsable

 

Roy Cross

Université Concordia

 

Domaine : création artistique et littéraire

Programme appui à la recherche-création

 Concours 2018-2019

"Le labo cinématographique vert : renouveau du cinéma non numérique et traitement de film écoresponsable" est un projet de recherche-création dirigé par le cinéaste et universitaire Roy Cross, professeur à l'École de cinéma Mel-Hoppenheim de l'Université Concordia, en partenariat avec Ann English, éminente professeure de chimie et biochimie. M. Cross est l'auteur de plusieurs films ayant connu un succès critique, dont le long-métrage poétique "So Faraway and Blue" (2003) tandis que Mme English est la fondatrice du Centre for Biological Applications of Mass Spectrometry (CBAMS) à Concordia et récipiendaire du prestigieux prix Clara Benson de la Société canadienne de la chimie. Le projet proposé converge avec un important renouveau du cinéma non numérique artisanal et répond à une demande pressante quant à l'étape de traitement de film. Ce projet cherche à développer, tester et rendre disponible un système de traitement de film efficace et accessible, mais aussi sécuritaire et écoresponsable. Depuis le tournant numérique dans le domaine du cinéma, plusieurs pratiques et savoirs reliés à l'ère analogue sont en danger d'être oubliés et perdus. Or, ce savoir-faire s'avère profitable aux cinéastes œuvrant autant dans le numérique que dans le non numérique et constitue non seulement une des grandes forces du cinéma québécois, mais aussi un aspect considérable de la mémoire cinématographique nationale.

Plusieurs artistes continuent donc de pratiquer et d'explorer des formes de cinéma sur pellicule et tentent ainsi de transmettre ces savoirs historiques et fondateurs du septième art. Cependant, le traitement de film chimique, déjà exclusif aux grands laboratoires même avant l'avènement du numérique, se fait désormais de plus en plus rare à l'échelle industrielle. De plus, ce processus pose toujours des dangers importants à l'environnement et à la santé des artistes qui tentent de se l'apprivoiser pour des fins artisanales. Le projet actuel surmonte ces obstacles en façonnant un système de traitement non toxique qui n'utilise que des développeurs biologiques, dont une solution à base de café. Ayant été initiées par des chercheurs en chimie et appliquées au traitement de photographies, ces méthodes biologiques n'ont pu jusqu'à présent produire que des images fixes ou de très courts métrages. Le système mis de l'avant étendra ces applications à la production d'images en mouvement de longs métrages et donc à des quantités bien plus grandes de pellicule photosensible.

Ainsi, nous réaliserons un premier long-métrage de fiction non numérique entièrement développé en utilisant le Caffenol, une solution de traitement sécuritaire et écologique. Afin de réaliser ce projet, nous travaillerons avec des collaborateurs et étudiants issus des départements du cinéma, de la chimie, du design et d'arts numériques et de génie et d'informatique. En effet, une proportion importante des collaborateurs associés à ce projet est composée d'étudiants inscrits dans des programmes de premier, deuxième et troisième cycles universitaires. En recrutant ainsi de jeunes artistes et chercheurs, nous comptons maximiser l'impact pédagogique et intergénérationnel du projet pour assurer une continuité historique et une variété d'approches dans la relève de la recherche-création interdisciplinaire.