Le capital social de la littérature

 

Emre, Merve

Université McGill

 

Domaine : arts, littérature et société

Programme soutien à la recherche pour la relève professorale

Concours 2017-2018

Les changements dans les conditions matérielles des études littéraires dans l'enseignement supérieur – réductions budgétaires, suppression de programmes, gel du recrutement – ont amené de nombreux critiques à déplorer « la crise des lettres et sciences humaines ». Mais dans le même temps, les cours de littérature dans les écoles de gestion, les écoles de médecine et les facultés de droit attirent des nombres d'étudiants record et jouissent d'un soutien de l'administration important. Comment expliquer l'abandon des études littéraires dans les classes de littérature contre la recrudescence des études littéraires dans des domaines professionnels sans lien apparent avec la littérature? « Le capital social de la littérature » est le premier aperçu historique, sociologique et anthropologique de l'évolution des études de la littérature des années 1980 à aujourd'hui.

En examinant les nouveaux espaces institutionnels des études littéraires interdisciplinaires programmes de MBA, initiatives en sciences humaines médicales et facultés de droit –, nous expliquons que les lecteurs ont mis le capital culturel de la littérature au second plan au profit du capital social transmis selon eux par la lecture de la littérature. En nous appuyant sur des travaux anthropologiques et sociologiques effectués sur le terrain (p. ex. entrevues, visites dans des salles de classe) et sur l'histoire de la littérature (p. ex. recherche de documents d'archives, lecture détaillée de textes littéraires), nous montrons comment les institutions contemporaines de l'enseignement supérieur ont établi une relation étroite entre la lecture d'œuvres littéraires et la production de compétences commerciales, d'affects personnels et de réseaux professionnels.