La restructuration du marché du travail et les coûts socio-écologiques de l'alimentation à rabais

 

Sébastien Rioux

Université de Montréal

 

Domaine : économie et emploi

Programme soutien à la recherche pour la relève professorale

Concours 2016-2017

Ce projet de recherche trouve son origine dans un paradoxe des sociétés capitalistes avancées : comment expliquer qu'environ 13 million d'individus au Royaume-Uni et 50 millions d'individus aux États-Unis vivent dans un état d'insécurité alimentaire    chronique alors que ces deux pays ont l'un des paniers d'épicerie les moins chers parmi le Groupe des vingt (G20)?

Cette recherche vise à apporter une contribution originale empirique et théorique aux débats sur l'insécurité alimentaire et la restructuration du marché du travail sous le néolibéralisme.

Enraciné dans une analyse de l'évolution des politiques agricoles d'un engagement à des prix élevés pour les agriculteurs vers un engagement à des prix bas pour les consommateurs, ce projet de recherche 1) explore le rôle que les politiques et institutions publiques orientées vers la production d'une alimentation à bas prix ont joué dans le façonnement de la nature et de la performance du marché du travail; 2) interroge la relation entre le repli progressif de l'État providence et la dépendance croissante de la population envers l'alimentation à bas prix afin de maintenir son niveau de vie, et 3) problématise la question des coûts environnementaux liés à l'agriculture industrielle permettant une alimentation à bas prix.

Ce projet de recherche vise donc à enquêter, d'une part, sur le rôle de l'alimentation à bas prix dans la restructuration et la flexibilisation des marchés de l'emploi sous le néolibéralisme et, d'autre part, sur les impacts environnementaux liés à la production, distribution et consommation du panier d'épicerie le moins cher.