La régulation de la violence envers les ecclésiastiques dans l'Occident médiéval : de la paix de Dieu aux grâces de la Pénitencerie (Xe-XVe s.)

 

Philippe Genequand

Université de Montréal

 

Domaine : gouvernance

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2014-2015

Le présent projet propose de réfléchir dans la longue durée, du Xe au XVe siècle aux conséquences des décisions réformatrices et d'explorer les avenues empruntées par la papauté pour pallier aux défauts pratiques de son programme de réforme dans le domaine social. En effet, cherchant à édifier le monde idéal voulu par Dieu, l'Église médiévale s'efforce notamment de séparer les sphères laïque et ecclésiastique, une nécessité qui lui apparaît plus essentielle encore que la question de leur hiérarchie. Le programme se fait plus pressant au tournant du deuxième millénaire et la réforme grégorienne le situe comme l'axe essentiel de la transformation sociale qu'elle compte promouvoir.

L'application pratique, pourtant, se heurte à la réalité d'une militarisation de la classe dominante qui laisse les clercs, désarmés par la réforme, dans une dangereuse position d'infériorité. S'appuyant sur les dispositifs d'intériorisation des normes chrétiennes, et avant tout sur la pénitence, la papauté s'applique alors à mettre en place des protections concrètes. Elle se réserve ainsi dès 1139 le pardon des péchés de toute personne qui frapperait un ecclésiastique. Basée notamment sur les traités de théologie pratique, les décrets canoniques et les suppliques de la Pénitencerie apostolique, l'étude propose une réflexion sur les mécanismes de diffusion de la grâce, qui devient à l'aube de la modernité l'un des moyens les plus cruciaux d'expression du pouvoir souverain.