La Conquête américaine du Cirque du Soleil : comprendre le contexte de production et de réception des spectacles permanents d'un genre éphémère

 

Louis Patrick Leroux

Université Concordia

 

Domaine : arts et littérature

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2011-2012

Rares sont les semaines où il ne se dit rien dans les médias québécois sur le Cirque du Soleil. Les médias, et les gouvernements québécois successifs par delà de leur allégeance, se félicitent de l'omniprésence d'artistes québécois sur les planches de Las Vegas, ville tutélaire de l'hyper-Amérique (ainsi qu'à New York et bientôt Los Angeles). Contribuant à un discours de triomphalisme culturel québécois, le triumvirat Cirque-Céline Dion-Robert Lepage représente à lui seul, et ce, dans la ville du fantasme américain assumé, brandi, sinon marqué au fer, le symbole du succès international d'une offre culturelle postnationale, voire post-identitaire.

Le Cirque est devenu une multinationale qui génère des profits importants grâce à ses spectacles permanents américains et asiatiques. Et pourtant, l'entreprise maintient des liens essentiels avec son milieu nourricier québécois, en intégrant, notamment, des metteurs en scène du milieu théâtral subventionné. Ces metteurs en scène et praticiens acquièrent des expériences de théâtre total surdimensionné dont les budgets dépassent l'imaginaire. Ils reviennent à leur pratique théâtrale avec un nouveau savoir-faire et le goût du spectaculaire.

Mon programme de recherche comporte trois axes : 1) d'abord une étude du discours culturel véhiculé par les médias, les politiciens et le Cirque sur son succès à l'étranger; 2) une étude économique et stratégique portant sur l'étonnante élasticité de l'offre culturelle; et 3) une étude sur la portée des métissages artistiques qui ont lieu avec la rencontre du cirque et du théâtre, particulièrement sur l'esthétique des deux genres pratiqués par les Québécois.