L'empreinte de la vie : tracer la production des modèles d'incorporation épigénétiques

 

Stephanie Lloyd

Université Laval

 

Domaine : cultures, religions et civilisations

Programme établissement de nouveaux professeurs-chercheurs

Concours 2015-2016

À l'exception de quelques conditions, l'ère d'un « gène pour » chaque maladie ou trouble est aujourd'hui révolue. Les scientifiques sont désormais engagés dans l'étude de situations complexes dans lesquelles de multiples facteurs – incluant des gènes, des expériences de vie, l'environnement – interagiraient pour produire les déterminants de santé. L'épigénétique - l'étude de l'impact de l'environnement (physique, social mais aussi la vie interne de chaque corps individuel) sur l'expression génétique - est l'élément central de cette nouvelle approche de la santé et de la maladie chez l'homme. A partir d'une ethnographie multi-sites dans des unités de recherche en épigénétique, notre programme de recherche s'intéresse à la façon dont l'homme est de plus en plus intensément perçu comme imbriqué dans son environnement – un environnement qui agit de manière continue sur lui à un niveau moléculaire – et les théories du risque qui en émergent.

Cette recherche ethnographique sera complétée par une revue de la littérature scientifique sur ce thème, une revue des représentations concernant l'épigénétique circulant dans les médias, une cartographie de la production des savoirs scientifiques sur chaque site, et des entretiens semi-structurés qui seront analysés thématiquement à l'aide de logiciels d'analyse qualitative. Finalement, ce n'est pas uniquement la manière dont nous concevons le pathologique et la mortalité qui est en jeu, mais plus fondamentalement notre idée de ce qu'est un « être humain » aujourd'hui, comment ces conceptions sont advenues, et comment les scientifiques et cliniciens penseraient pouvoir intervenir pour améliorer notre santé et notre vitalité.