L'effet dissuasif de la victimisation violente vicariante

 

Charette, Yanick

Université Laval

 

Domaine : développement et fonctionnement des personnes et des communautés, et vie sociale

Programme soutien à la recherche pour la relève professorale

Concours 2017-2018

 

Les études en criminologie s'intéressent à l'effet dissuasif de la peine sur la probabilité de commettre un délit dans le futur. Mais qu'adviendrait-il si les sanctions pénales n'étaient pas le seul élément dissuasif auquel les délinquants font face? Par exemple, les délinquants sont confrontés à un niveau de violence beaucoup plus élevé que celui auquel la population générale rencontre. Ce niveau constant de violence peut avoir un effet majeur sur la décision de continuer une trajectoire criminelle. Ainsi, le premier objectif de cette étude est d'évaluer l'effet de la victimisation sur la probabilité de commettre un délit dans le futur.

Habituellement, les risques sont considérés en fonction des expériences individuelles. Mais sont-ce les seules expériences considérées lors de la prise décision? Par exemple, si le camarade d'un délinquant se fait arrêter, les perceptions de ce dernier pourraient aussi être influencées indirectement par cet événement. Le second objectif de cette étude est de constater si les décisions d'un individu sont seulement influencées par les expériences personnelles, ou aussi par les expériences vécues par son entourage.

Ces expériences dissuasives vicariantes peuvent être autant des sanctions pénales que des victimisations violentes. En se basant sur les trajectoires judiciaires d'individus arrêtés de plusieurs villes nord-américaines, nous constaterons l'effet dissuasif de l'arrestation et de la victimisation d'un individu sur sa probabilité de commettre des délits dans le futur, mais aussi l'effet dissuasif vicariant des arrestations et victimisations de leurs complices, les individus avec qui ils ont été arrêtés.