L'association entre la pression de performance, la compétition et la tricherie : Étude de l'influence des facteurs institutionnels sur l'intégrité académique des étudiants universitaires

 

Julien Bureau

Université Laval

 

Domaine : éducation, savoirs et compétences

Programme soutien à la recherche pour la relève professorale

 Concours 2018-2019

Les recherches s'intéressant à la tricherie des étudiants à l'université mettent en évidence plusieurs facteurs individuels communs aux individus qui trichent en ce qui a trait, par exemple, à leurs objectifs scolaires, leur motivation, leur personnalité et leur niveau de compétence. Le contrôle de ces facteurs n'est toutefois pas suffisant pour éliminer la tricherie de nos institutions puisque plusieurs éléments contextuels, tels que les conditions de passation de test et le niveau de difficulté des cours, peuvent aussi avoir un impact sur les niveaux de tricherie. Ce constat est important du point de vue des politiques institutionnelles en matière de prévention du plagiat d'au moins deux façons. Premièrement, ces recherches signifient que les institutions d'enseignement peuvent être imputables de l'intégrité de leurs étudiants. Deuxièmement, elles informent sur les caractéristiques de l'environnement qui peuvent encourager ou dissuader les étudiants à tricher, ce qui permet de guider la réglementation en matière de prévention du plagiat. Par contre, peu d'études se sont intéressées à ces caractéristiques du contexte pouvant influencer les comportements de tricherie. Mes travaux précédents suggèrent que les étudiants postsecondaires percevant leur professeur comme étant contrôlant trichent davantage, mais aucune recherche précédente n'a évalué si la perception d'être dans un programme où la pression sur l'étudiant est élevée (par exemple, étant donné le niveau élevé de compétition ou une forte importance accordée à la performance) pouvait affecter la tendance à tricher dans les examens et les travaux.

Le présent projet de recherche permettra de sonder l'association entre un environnement scolaire compétitif et axé sur la performance normative et l'intégrité académique chez les étudiants. En se basant sur la théorie de l'autodétermination, il est supposé que les étudiants évoluant dans des programmes hautement compétitifs et mettant énormément de pression sur la réussite individuelle devraient avoir un engagement (p.ex.: motivation, buts) de faible qualité envers leurs études, ce qui augmenterait leur propension à tricher. Au contraire, des individus évoluant dans un programme où ces éléments sont absents devraient avoir un engagement de haute qualité et démontrer des niveaux plus faibles de tricherie. Ce projet consistera en trois études. Dans la première étude, des étudiants universitaires répondront à un questionnaire évaluant leurs perceptions des caractéristiques de leur programme (p. ex., la pression de performance subie dans ce programme et le niveau de compétition), ainsi que leur motivation, buts, sentiment d'efficacité scolaire et leurs comportements de tricherie. Cette étude permettra de confirmer de façon quantitative nos hypothèses. Dans la seconde étude, des étudiants de différents programmes seront invités à discuter de leur expérience dans leur programme par rapport aux variables de la première étude. Un traitement qualitatif des données permettra de rendre compte de l'expérience subjective concrète des étudiants. Dans la troisième étude, des étudiants seront invités en laboratoire où l'environnement sera manipulé pour simuler différents contextes scolaires, et ils compléteront des tâches au cours desquelles ils auront l'occasion de tricher. Cette étude permettra de soutenir le lien de cause à effet entre nos variables (pression de performance et compétition) et la tricherie.