L'acte de raisonner : sa nature et ses règles

 

Hlobil, Ulf

Université Concordia

 

Domaine : cultures, religions et civilisations

Programme soutien à la recherche pour la relève professorale

Concours 2017-2018

La capacité de raisonner, soit d'effectuer des inférences, joue un rôle primordial dans la rationalité. En quoi l'inférence diffère-t-elle toutefois de la simple association d'idées? Après tout, ce processus ne survient pas chaque fois qu'une idée reçue donne naissance à quelque croyance. Que faut-il de plus? En 2014, Paul Boghossian a suscité une vague d'intérêt pour ce sujet. En effet, il a souligné qu'« étonnamment, les philosophes traitaient fort peu de la notion d'inférence ». Le présent projet vise donc à pallier cette lacune. Mon but est de développer une théorie inédite et probante sur le raisonnement. Je répondrai à quatre questions : 1) Raisonnons-nous activement et si oui, de quelle façon? 2) Y a-t-il lieu d'effectuer une analyse réductrice du raisonnement? 3) Quelles sont les formes de raisonnement et qu'ont-elles en commun? 4) Quelles normes régissent le raisonnement et pourquoi en est-il ainsi?

Ma méthodologie reposera sur l'application des deux critères d'adéquation que doit respecter toute bonne théorie du raisonnement. J'ai du reste développé ces critères dans mon mémoire. Je démontrerai que seule la théorie proposée satisfait à ces critères et répond aux questions ci-dessus. Selon l'idée maîtresse de cette nouvelle théorie, une analyse des inférences doit distinguer l'argument (soit un ensemble structuré de contenus) de sa force; cette approche est analogue à l'analyse du jugement de Gottlob Frege. Je prouverai que le recours à une conception aristotélicienne et thomiste de la forme de l'acte mental permet d'élucider la distinction qu'établit Frege entre force et contenu. Le résultat de mon projet sera des multiples articles de revue qui favoriseront une importante avancée vers une meilleure compréhension de la faculté de raisonnement.