Imageons la douleur! La sono-palpation et sono-visualisation pour diagnostiquer la lombalgie chronique

 

Recherche intersectorielle - Programme Audace

Concours 2020-2021

 

Composition de l'équipe :

Nathalie Bureau,  (Centre hospitalier de l'Université de Montréal),  Responsable

Guy Cloutier,  (Université de Montréal),  Co-directeur

Aline Boulanger,  (Centre hospitalier de l'Université de Montréal),  Co-chercheuse

Manon Choinière,  (Université de Montréal),  Co-chercheuse

Francois Claveau,  (Université de Sherbrooke),  Co-chercheur

Nathaly Gaudreault,  (Université de Sherbrooke),  Co-chercheuse

Laura Benhaïm,  (Chiropraticienne),  Co-chercheuse

Johanne Lepage,  (Patiente partenaire),  Co-chercheuse

Jill Runquist   (Acupunctrice),  Co-chercheuse

 

Domaine : Appareil locomoteur et arthrite

Secteurs de la recherche : Sciences de la santé; Sciences naturelles et génie; Sciences humaines et sociales

 

On estime que 80 % des Québécois souffriront d'au moins un épisode de lombalgie au cours de leur vie; 23 % souffriront de lombalgie chronique et 12 % subiront une invalidité fonctionnelle permanente. Malgré les avancées médicales, l'origine de la douleur lombaire dite ‘non spécifique' demeure énigmatique. Les méthodes d'imagerie conventionnelle par scanner et résonance magnétique renseignent certes sur l'état des structures vertébrales, mais très souvent, elles ne permettent pas de diagnostiquer des lésions qui corrèlent véritablement avec les symptômes ressentis par le patient. L'absence de diagnostic précis limite la prise en charge thérapeutique de ces patients. 

Les patients se tournent donc de plus en plus vers les thérapies de médecine alternative et complémentaire (p.ex., acupuncture, ostéopathie, shiatsu, chiropratique, etc.) pour soulager leur douleur. Ces thérapies ont en commun de cibler des zones douloureuses de durcissement anormal dans les tissus et les muscles du dos et visent à assouplir ces tissus pour contrôler la douleur. Toutefois, la présence de ces zones douloureuses et leur résolution après une thérapie manuelle, n'ont pas encore été clairement démontrées, autrement que par la palpation manuelle.

Nous proposons donc un changement de paradigme : plutôt que d'imager les structures de la colonne vertébrale, imageons... la douleur! Imaginons caractériser des transformations tissulaires pouvant être associées à la douleur chez des patients lombalgiques, en utilisant l'imagerie par ultrasons. Imaginons comprendre, à l'aide des ultrasons, les effets de ces thérapies manuelles sur ces tissus.

Notre partenariat formé de chercheur(e)s provenant des trois grands secteurs des FRQ, propose d'investiguer ces zones douloureuses chez des patients lombalgiques en mettant à profit des techniques d'ultrasons innovantes qui mesurent les propriétés mécaniques et structurelles du muscle et de son environnement. Précisément, notre projet vise à concevoir une méthode standardisée d'imagerie par ultrasons pour mesurer la viscoélasticité, la mobilité, l'inflammation et les propriétés structurelles des tissus lombaires. Nous réaliserons également une étude chez des patients lombalgiques pour examiner les effets de traitement de chiropratique, d'acupuncture et de thérapie ostéopathique sur les propriétés de ces tissus. Notre projet de recherche est audacieux, mais réalisable et est susceptible d'engendrer de grands bénéfices. Ainsi, la conception d'une technique d'imagerie ultrasonore non-invasive permettant de diagnostiquer avec plus de précision et de spécificité la cause de la lombalgie, favoriserait l'optimisation du traitement et d'améliorer la qualité de vie de milliers de patients. L'imagerie par ultrasons pourrait permettre également d'améliorer notre compréhension des mécanismes d'action des thérapies manuelles et favoriser l'optimisation de ces méthodes.

Appel de propositions